Dossier d’œuvre architecture IA39000774 | Réalisé par
Pontefract Bernard (Contributeur)
Pontefract Bernard

Bernard Pontefract, chercheur. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1973-2009

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Bully Sébastien (Contributeur)
Bully Sébastien

Archéologue. Directeur adjoint de l’UMR 6298 ARTEHIS.

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Bully Aurélia (Contributeur)
Bully Aurélia

Archéologue. Chercheuse associée au CNRS (UMR 6298 ARTEHIS).

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Poupard Laurent (Rédacteur)
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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  • inventaire topographique
infirmerie et maison de l'infirmier de l'abbaye Saint-Oyend, devenue évêché puis sous-préfecture
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Claude centre et faubourg
  • Commune Saint-Claude
  • Adresse 2 rue de la Sous-préfecture
  • Dénominations
    infirmerie, maison, évêché, sous-préfecture
  • Genre
    de chanoines
  • Appellations
    maison de l'infirmier

L'édifice fut successivement infirmerie à partir du 5e siècle, maison canoniale au 18e siècle, filature de coton de 1791 à 1824, évêché de 1824 à 1907, date à laquelle s'installe la sous-préfecture.

A l'origine, il constitue l'infirmerie de l'abbaye de Saint-Claude. Fondée vers 430-435 par les moines Romain et Lupicin, cette abbaye se développe considérablement vers 1160, suite à la découverte du corps de saint Claude, abbé de la fin du 7e siècle, et de nombreux bâtiments sont édifiés autour de l'église abbatiale des Trois Apôtres. La maison de l'infirmier, attestée dès le 5e siècle par les écrits d'un moine anonyme (la "Vie des pères du Jura") datés du 6e siècle, est l'un des rares qui subsistent. Elle témoigne d'une fonction souvent méconnue : au sein du monastère, les moines souffrants y sont soignés, par un religieux dit officier infirmier, et la plupart des moines moribonds y achèvent leur vie.

En 1435, les comptes de la fabrique de l'abbatiale des Trois Apôtres citent un "cloître des infirmeries", dont on n'a pas retrouvé trace, et un "conduit hydraulique", subsistant, qui témoigne de l'utilisation de l'eau pour les soins aux malades et la préparation des repas. Sont aussi conservés de cette période (fin 15e siècle-début 16e siècle), au 1er étage de soubassement, une grande salle et un petit couloir voûtés. Les sources du 17e siècle mentionnent en 1629 une chapelle Saint-Sébastien, dont subsistent peut-être des vestiges dans le jardin, et en 1631 une étable et des réparations au bâtiment. L'incendie de la ville en 1639, qui affecte partiellement l'abbaye, le touche probablement et on peut supposer que son agrandissement (construction d'une aile) a été réalisé à cette occasion. L'édifice est fortement modifié voire reconstruit avant 1699, certainement par l'infirmier Jean François de Marnix dont les armoiries sont visibles sur le corps le plus récent (actuelle sous-préfecture). A cette époque, en 1695, la construction d'un nouvel hôpital au bord du Tacon, hors de la clôture monastique, entraîne le regroupement près de l'infirmerie de l'ensemble des bâtiments à fonction médicale du monastère et de ses dépendances.

Lorsqu'à la création de l'évêché de Saint-Claude en 1742, l'abbaye est sécularisée, la maison de l'infirmier devient maison canoniale, attribuée à un chanoine du chapitre de la nouvelle cathédrale. Vendue comme bien national en 1791, elle est acquise par Claude François Dumoulin (1756-1815), fils d'un marchand venu vers 1740 de Saint-Jean d'Aulps (Haute-Savoie). Dumoulin y installe une filature de coton, dotée d'une quinzaine de métiers à filer, de quelques métiers à bas et d'une carderie (il se rend aussi acquéreur de celle installée en 1780 par l'évêque de Saint-Claude au moulin du Tomachon). Le 19 juin 1799, le grand incendie de la ville détruit en partie le bâtiment, toutefois protégé par la masse de la cathédrale voisine. La filature poursuit son activité jusqu'en 1824.

Le département du Jura achète le site à cette date et le met à disposition de l'évêque (supprimé en 1800, le diocèse de Saint-Claude a été rétabli en 1823). C'est vraisemblablement durant cette période que le bâtiment prend son aspect actuel, avec l'aménagement du hall, d'escaliers et des appartements. En 1905, en application de la loi sur la séparation des Églises et de l'État, l'évêque est expulsé et deux ans plus tard, le site est affecté à la sous-préfecture, alors établie au 38 rue du Pré. Les dernières modifications notables du bâtiment datent de 1936 et, touchant les façades et les toitures, ont quelque peu changé son aspect.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age, limite 15e siècle 16e siècle, 17e siècle, 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques

La sous-préfecture est formée d'un corps de bâtiment parallèle à la cathédrale et d'une aile en retour au sud (côté vallée). Bâtie en moellons calcaires enduits, elle est couverte par un toit métallique à longs pans, avec demi-croupes sur le premier corps et croupe au sud sur le second. Inscrite dans la pente, elle comporte deux ou trois étages de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage en surcroît, desservis par des escaliers dans-oeuvre (dont l'escalier principal, droit, en pierre). L'ancienne salle des infirmeries (au rez-de-chaussée) est voûtée d'arêtes. Le conduit hydraulique servant à la captation d'une source, en étage de soubassement, est voûté en berceau ; il est long de 20,50 m et d'une hauteur généralement supérieure à 2 m. Les jardins sont étagés sur deux niveaux avec au niveau inférieur, accessible par un escalier extérieur droit en pierre, dans le mur nord une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, vestige éventuel de la chapelle Saint-Sébastien.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    métal en couverture
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
    • voûte en berceau
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans demi-croupe
    • croupe
    • noue
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit escalier en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit escalier en maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété de l'État

Documents d'archives

  • Archives départementales du Jura, Montmorot. 2 H. Fonds de l'abbaye de Saint-Claude

    Archives départementales du Jura, Montmorot : 2 H

Bibliographie

  • Benoît, dom Paul. Histoire de l'Abbaye et de la terre de Saint-Claude. Montreuil-sur-Mer : impr. de la Chartreuse de Notre-Dame-des-Prés, 1890-1892.

  • Bully, Aurélia ; Bully, Sébastien ; Pontefract, Bernard. La sous-préfecture de Saint-Claude, ancienne infirmerie de l'abbaye royale / Direction régionale des affaires culturelles de Franche-Comté, Service régional de l'inventaire ; sous la dir. de Marie-Claude Mary ; coord. Laurent Poupard ; avec la collab. de Robert Le Pennec, Laurent Poupard, Christina Rodriguez Galan... [et al.] ; photogr. Yves Sancey ; documentation graph. André Céréza, Stéphane Guyot. - Paris : Erti, [2001]. 24 p. : ill. ; 23 cm. (Itinéraires du Patrimoine ; 245).

  • Davril, dom Anselme ; Palazzo, Eric. La vie des moines au temps des grandes abbayes. Paris : Hachette, 2000. (La vie quotidienne). ISBN 2-01-235450-5

  • Vie des Pères du Jura / François Martine. Paris : Éd. du Cerf, 1968. (Sources chrétiennes, 142)

Documents figurés

  • Plan du rez-de-chaussée d'après le projet de réaménagement de l'évêché en sous-préfecture dessiné par l'architecte départemental (André Sire ?) le 1er avril 1907.

    Archives départementales du Jura, Montmorot : série N
  • Plan des moulins de l'abbé et de l'office d'infirmier, 18e siècle : détail du moulin du Tomachon.

    Archives départementales du Jura, Montmorot : 2 H Pl 64
  • Plan du premier étage d'après le projet de réaménagement de l'évêché en sous-préfecture dessiné par l'architecte départemental (André Sire ?) le 1er avril 1907.

    Archives départementales du Jura, Montmorot : série N
  • Coupe longitudinale par Joseph-Marie Dalloz, architecte de la ville [19e siècle]. Dessin, s.d. [19e siècle] par Dalloz, Joseph-Marie (architecte)

    Archives départementales du Jura, Montmorot
  • Plan du rez-de-chaussée par Joseph-Marie Dalloz, architecte de la ville, s.d. [19e siècle].

    Archives départementales du Jura, Montmorot
  • Plan du premier étage par Joseph-Marie Dalloz, architecte de la ville, s.d. [19e siècle]

    Archives départementales du Jura, Montmorot
  • Plan du deuxième étage par Joseph-Marie Dalloz, architecte de la ville, s.d. [19e siècle].

    Archives départementales du Jura, Montmorot

Annexes

  • La sous-préfecture de Saint-Claude, ancienne infirmerie de l’abbaye royale
Date(s) d'enquête : 2001; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Pontefract Bernard
Pontefract Bernard

Bernard Pontefract, chercheur. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1973-2009

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Bully Sébastien

Archéologue. Directeur adjoint de l’UMR 6298 ARTEHIS.

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Bully Aurélia
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Archéologue. Chercheuse associée au CNRS (UMR 6298 ARTEHIS).

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Poupard Laurent
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Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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