Dossier d’œuvre architecture IA00013878 | Réalisé par
Poinsot Gilbert
Poinsot Gilbert

Chercheur. Région Franche-Comté, Service régional de l'Inventaire. 1973-1986.

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Poupard Laurent (Contributeur)
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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  • inventaire topographique
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
ferme et atelier d'horlogerie de Léon Deleule puis de Jules Jacquet-Pierroulet
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays horloger (le) - Morteau
  • Commune Grand'Combe-Châteleu
  • Lieu-dit Bas de Grand-Combe
  • Cadastre 1962 AB 210  ; 1816 B 605-607, 607 bis, 617  ; 2017 AB 473, 500
  • Dénominations
    ferme, atelier
  • Précision dénomination
    atelier d'horlogerie
  • Appellations
    atelier de Léon Deleule, atelier de Jules Jacquet-Pierroulet
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, étable à vaches, grange, pigeonnier, remise agricole, logement

Si l'on en croit la date portée sur l'une des deux plaques de cheminée, la ferme double avait été bâtie en 1780 (mais elle était peut-être plus ancienne). Destinée à abriter deux famille, elle comportait deux tués (grandes cheminées) et, sur la façade postérieure, deux rampes d'accès. Un corps de bâtiment en appentis (dit "la voûte") était appuyé contre son angle oriental. Bien qu'absent du plan cadastral de 1816, ce corps semblait antérieur à la ferme et portait les dates 1737 (linteau de la porte de l'étage) et 1744 (linteau de celle du rez-de-chaussée). La première date était accompagnée des initiales IFGC, vraisemblablement pour Jean François Gauthier-Gonnez (ou Gauthier-Gonney), décédé après 1738 (ce dernier avait en 1719 été concessionnaire, avec Claude Routhier-Pierre, pour la communauté de la Grand'Combe du transport du sel depuis les salines de Salins-les-Bains). En 1816, le site (remise cadastrée B 605 et ferme B 606) appartenait à son petit-fils Jean-Claude (1748-1820). Il a été partagé au fil du temps dans la famille Gauthier-Gonnez, passant notamment vers 1839 au fromager Séraphin Deleule, gendre de Jean-Claude. Léon Deleule (1840-1901), fils de Séraphin, en acquiert vers 1878-1879 une partie, qu'il agrandit une dizaine d'années plus tard. Frère d'un horloger (Emile Deleule, 1839-1885), il est signalé dans la rubrique Assortiment des exposants du groupe collectif du Doubs à l'exposition universelle de 1878 et comme fabricant d'échappements en 1896-1897 (il employait deux ouvriers en 1883). A son décès lui succède au milieu de la décennie 1900 l'horloger et décolleteur Jules Jacquet-Pierroulet (1873-1945), marié avec Laure Emma Gauthier-Gonnez. Jules est le fils de Zéphyrin Jacquet-Pierroulet (1843-1875) et a un frère aussi prénommé Zéphyrin (1876-1966), tous deux horlogers. Il devient propriétaire de l'ensemble du bâtiment vers 1917. Dès 1913, il a agrandi les pièces de l'étage ("chambres hautes") en y aménageant un atelier pour lequel il a ouvert des fenêtres horlogères et des fenêtres multiples (le mur de façade de ce niveau est alors réalisé en maçonnerie). Il y réalise pivotage (d'échappements à ancre) et plantage d'échappement, et y fabrique des axes (de balanciers, d'appareils de précision, etc.), des tiges d'ancre... Il profite de l'électricité fournie dans un premier temps par la machine à vapeur de la scierie Longchampt (auparavant Vermot-Desroches). Les tavaillons (localement appelés clavins) couvrant le toit sont remplacés par des tuiles en 1914 et le grenier à grains démoli en 1922-1923. L'atelier emploie au maximum une douzaine de personnes (dont les quatre filles de Jules) ; cinq de la commune y sont signalées en 1931. Il ferme lorsque Jules est victime de problèmes de santé en 1939. Son frère Zéphyrin Jacquet reprend l'essentiel du matériel et le bâtiment n'abrite ensuite plus d'activité productive. Détruit par un incendie le 29 novembre 1990, il est reconstruit en réutilisant certains éléments architecturaux mais pour une recomposition avec une élévation et un plan sensiblement différents.

La ferme était en moellons calcaires enduits, avec pan de bois essenté de planches pour la lambrichure en façade et pour la façade postérieure. Elle comptait deux logements, chacun doté d'un sous-sol (cave plafonnée) accessible par un escalier droit en pierre et d'un tué (grande cheminée). L'étage carré était desservi par des escaliers dans-oeuvre (l'un droit et l'autre tournant à retours, en charpente), la grange sur la façade postérieure par deux rampes (pont de grange à gauche, levée de grange à droite). La présence de l'atelier à l'étage se marquait en façade par des fenêtres horlogères et des fenêtres multiples. Le toit était à longs pans, pignons couverts et tuiles mécaniques. Un petit corps rectangulaire ("la voûte"), couvert d'un appentis massé, était appuyé contre le mur gouttereau nord. Il était protégé du feu par les volets en fer de ses fenêtres, le revêtement en fer de sa porte et la voûte en berceau plein cintre de son étage carré, accessible par un balcon en façade.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • bois pan de bois essentage de planches
  • Toits
    tuile mécanique
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • appentis massé
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie, en charpente
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours en charpente
  • Autres organes de circulation
    rampe d'accès
  • Typologies
    ferme à tué double ; grange haute ; baie horlogère ; baie multiple
  • État de conservation
    détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Girard Louis, propriétaire de l'ancienne forge des Cordiers, à Grand'Combe-Châteleu.

    21 et 27 juillet 2017
  • Vuez Jean-Claude, descendant d'une famille d'horlogers, historien de la société Parrenin, Villers-le-Lac

    13 juillet et 3 septembre 2017

Documents d'archives

  • Archives départementales du Doubs à Besançon : 3 P 287 Cadastre de la commune de Grand'Combe-Châteleu. 1814-1961.

    - 3 P 287 : Atlas parcellaire (14 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Vial, 1816

    - 3 P 287/1 : Registre des états de sections, 1818

    - 3 P 287/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1822-1874

    - 3 P 287/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1874-1914

    - 3 P 287/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910

    - 3 P 287/7-8 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1961

    - 3 P 287/9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1961

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 3 P 287
    Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties 1822-1874 (3 P 287/2-3) et 1874-1914 (3 P 287/4-5), des propriétés bâties 1882-1910 (3 P 287/6) et 1911-1961 (3 P 287/9)
  • Papier à en-tête de Jules Jacquet, 28 février 1926

    Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
  • Mandat de Jules Jacquet, 1er mars 1926

    Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L’horlogerie dans le val de Morteau au 19e siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993