Une construction existait déjà à cet emplacement lors de la réalisation du premier cadastre de la commune en 1837, de même qu'à la fin du 18e siècle, en témoigne le plan de 1787 conservé à la mairie.
Certains encadrements de baies, chanfreinés et moulurés, attestent en effet une époque de construction ancienne pouvant remonter au 18e siècle, même si le bâtiment a vraisemblablement été remanié au cours du 19e siècle.
La tradition orale nous a d'ailleurs rapporté que le bâtiment aurait été construit vers 1780. La forme de la cheminée du rez-de-chaussée, encore conservée aujourd'hui, correspond à cette époque de construction (cheminée monumentale, corniche surmontant le linteau, forme des corbeaux...).
Dans cette aire géographique, les bâtiments étaient souvent composés d’une cuisine qui servait à la vie domestique et de pièce d’accueil et d’un « poêle » : chambre ou pièce plus intime qui accueillait les veillées. Le mur de séparation entre la cuisine et le poêle était percé d’une ouverture fermée par une plaque foyère qui chauffait le poêle par diffusion. Dans ce cas, bien que les dispositions intérieures de ce bâtiment aient été remaniées, elles correspondent encore assez bien à cette description. Ainsi, les dimensions importantes de la cheminée conservée au rez-de-chaussée et l'évier de l'angle nord-est témoignent de l'existence d'une pièce qui devait faire office de cuisine ("houteau"). La pièce accolée à l'ouest de celle-ci était probablement le "poêle".
La souche de cheminée torse de ce bâtiment est unique dans la commune. Elle est parfois appelée "cheminée sarrasine", peut-être par référence à certaines fermes de Bresse, sur lesquelles il existe des souches cheminées monumentales (forme de petits clochers...). Celle-ci pourrait être l’œuvre d'un maçon originaire de la Bresse voisine.
Mongreville, Jérôme. Photographe. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1983-2024.