Dossier d’œuvre architecture IA25001369 | Réalisé par
Favereaux Raphaël
Favereaux Raphaël

Raphaël Favereaux, chercheur. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1995-

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
usine d'outillage Bost Garnache Industries
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallées, plateaux et montagnes du Doubs - Roulans
  • Hydrographies dérivation du Doubs
  • Commune Laissey
  • Lieu-dit
  • Adresse rue Elysée Bost
  • Cadastre 2014 AB 67, 68, 197, 297
  • Dénominations
    tissage, usine de petite métallurgie
  • Destinations
    centrale hydroélectrique
  • Parties constituantes étudiées
  • Parties constituantes non étudiées
    bâtiment d'eau, barrage, magasin industriel, atelier de fabrication, bureau, atelier de réparation, atelier de conditionnement, transformateur

Des "moulins, foules et batteurs" sont mentionnés dans un dénombrement du 2 janvier 1584. En 1820, le moulin appartient à Pierre Simon et est mis en jeu par cinq roues hydrauliques, dont quatre servent à la mouture du blé et la dernière à actionner une ribe. Au moment des travaux d’aménagement du canal du Rhône au Rhin, M. Simon est autorisé, en vertu d’un arrêté préfectoral du 8 août 1821, à faire des réparations à son moulin. On ne sait si les travaux sont réalisés, mais une nouvelle autorisation de la Préfecture d’août 1834 autorise le même propriétaire à reconstruire son moulin "en l’élargissant".

Réglementé par une ordonnance royale du 19 février 1836, le moulin comprend quatre paires de meule, une huilerie, une scierie et une ribe. Vers 1845, deux paires de meules ont été ajoutées sans autorisation par Jean Simon. Le moulin est vendu à Antoine Mourruau en 1854. L’année suivante, Auguste Denis Pelletier, négociant à Besançon, demande l’autorisation d’établir sur le site une usine métallurgique composée de deux hauts fourneaux, de fours à puddler, laminoirs, presses, marteaux et cisailles, le tout actionné par cinq machines à vapeur. Resté sans suite, ce projet est lié à la découverte, vers 1840, de minerai de fer sur le territoire communal. En 1860, l’usine est mise en jeu par 6 roues hydrauliques en-dessous.

En octobre 1865, MM. Cusenier et Gentelet, négociants à Lyon et acquéreurs de l’usine de Laissey, y montent un tissage mécanique de coton. L’arrêté préfectoral du 16 novembre 1865 les autorise à installer une usine à gaz pour l’éclairage de l’usine (système Colin) au nord de l’atelier de tissage. En 1871, une "turbine à simple couronne de 2,44 m de diamètre, utilisée pour la mise en mouvement de 50 métiers de tissage et les machines accessoires" a remplacé la roue hydraulique d’amont, et deux autres roues sont en réparation. Au moment où l’usine est détruite par un incendie en décembre 1871, François Gentelet est seul propriétaire.

Par arrêté préfectoral de juin 1873, ce dernier est autorisé à reconstruire "en les agrandissant les bâtiments de l’usine incendiée en décembre 1871". Les travaux sont achevés l’année suivante, et l’atelier vraisemblablement prolongé au sud. En 1883, l’effectif est de cinq hommes, deux femmes et 19 filles mineures. Vers 1899, Emile, Célestin, Georges et Elisée Bost achètent l’usine désaffectée et y transfèrent l’atelier de fabrication d’outillage (pinces et tenailles) qu’ils ont établi à Laissey en 1891. Deux ateliers (fabrication et trempe) et une remise à charbon sont aussitôt construits. Dans la décennie 1910, l’usine est agrandie vers le sud (bureau, atelier d’emballage, magasin à fer), et divers logements et une cité ouvrière sont bâtis dans le village (IA25001402). L’énergie est partiellement produite par une turbine mise en place vers 1915.

En 1919, l’affaire passe en société anonyme, avec l’arrivée de la famille de Moustier. Dans la décennie suivante, la société Bost fabrique, outre les pinces et tenailles, de l’outillage spécialisé pour mécaniciens, électriciens, horlogers, tapissiers, bourreliers, cordonniers, plâtrier-vitriers, cordonniers, etc. Vers 1920, la société ouvre un atelier de fabrication d’outils de menuiserie (mèches, tarières, vrilles), qui fermera ses porte en 1932. De même, elle implante un atelier de fabrication de pinces à Montécheroux. Enfin, en 1927, elle met en service l’usine hydroélectrique d’Esnans (IA25001095) pour alimenter l’usine de Laissey en électricité. En 1930, celle-ci emploie 250 ouvriers.

L’usine est touchée par un incendie en janvier 1940. En mars 1962, les bureaux et les magasins de stockage sont détruits par le feu, puis reconstruits et agrandis. La production passe de 720 000 articles en 1956 à 1,85 million en 1968, grâce à l’installation de nouvelles lignes de production en 1964. L’effectif du personnel passe de 200 ouvriers depuis les années 1950, à 290 en 1974. Vers 1970, la société Bost SA est le principal fabricant de pinces et tenailles en France. En 1973, les sociétés AOP (Aciers et Outillages Peugeot) et Facom investissent des capitaux dans l’entreprise, et Facom prend seul le contrôle en 1982. Deux logements ouvriers situés à l’ouest de la route sont rasés en 1974. En 1977, un nouvel atelier pour presses à ébarber voit le jour.

En 1985, l’usine produit annuellement trois millions de pièces avec un effectif de 200 personnes. Un second atelier de production (forgeage à froid) est ouvert en 1986 à Baume-les-Dames. En 1990 est créé l’entreprise Bost Garnache Industries, fusion des sociétés Bost et Garnache-Chiquet (EGA), implantée à Arbois (39). L’année suivante, la société est intégrée au groupe Strafor-Facom. L’usine de Laissey produit alors quotidiennement 11 000 pinces à partir de 1500 tonnes d’acier. En 2000, l’atelier de forgeage à froid, installé à Baume-les-Dames en 1986, est transféré dans un nouveau bâtiment construit à cet usage au sud du site. La forge à chaud, équipée de marteaux-pilons Lasco, est arrêtée en 2004. En 2006, la société Facom devient une filiale du groupe américain Stanley Black & Decker. L’effectif passe de 200 personnes en 1989, à 180 en 1995, et 110 en 2014. La centrale hydroélectrique, équipée d’une turbine, est exploitée par un particulier.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 1er quart 21e siècle , daté par tradition orale
  • Dates
    • 2000, daté par tradition orale
  • Murs
    • calcaire moellon enduit partiel
    • résidu industriel en gros œuvre essentage de tôle
    • béton parpaing de béton enduit
  • Toits
    tuile mécanique, fer en couverture
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Couvertures
    • shed
    • toit à longs pans
  • Énergies
    • énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Archives départementales du Doubs, Besançon : M 2369 Enquêtes sur les industries principales (1883)

    Archives départementales du Doubs, Besançon : M 2369
  • Archives départementales du Doubs : M 3044 Travail et main d’œuvre, 1926-1930.

    Archives départementales du Doubs, Besançon : M 3044
  • 1808-1915
  • 1845
  • Archives départementales du Doubs, Besançon, 432 S 6 Appareils à vapeur. Déclarations (1846)

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 432 S 6
    1855-1865

Bibliographie

  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p.

    t. 4, p. 1731-1732
  • Le département du Doubs. - [S.l.] : [s.n.], 1923 : ill. N° spécial de « L’Illustration économique et financière », supplément du 4 août 1923.

    p. 69
  • Poissenot, Aimé ; Abram, Luc ; Pourcelot, René. Histoire des pinces de Montécheroux. Nancray : Folklore comtois, 2002. 339 p. : ill. ; 24 cm.

    p. 77
Date(s) d'enquête : 2014; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Favereaux Raphaël
Favereaux Raphaël

Raphaël Favereaux, chercheur. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1995-

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