Dossier d’œuvre architecture IA25001960 | Réalisé par
Dufoulon Fabien (Contributeur)
Dufoulon Fabien

Fabien Dufoulon, chercheur. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 2018-

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  • enquête thématique régionale, thermalisme en Bourgogne-Franche-Comté (le)
Hôtel des Bains
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bourgogne-Franche-Comté
  • Commune Besançon
  • Adresse 2 avenue Carnot
  • Cadastre 2023 CW 141
  • Dénominations
    hôtel de voyageurs

La construction de l'Hôtel des Bains est liée à celle de l'établissement thermal et du casino-restaurant de la Compagnie des Bains salins de la Mouillère.

Création de la Société anonyme du Grand Hôtel des Bains salins

Le 30 septembre 1891, Charles Savoye acquiert un terrain appartenant à François-Théodore Vermot, entrepreneur de travaux publics, et à son épouse Juliette-Léontine Flusin, à l'ouest de la rue des Chaprais (actuelle avenue Sadi Carnot). Le terrain d'une superficie de 12 ars et 65 centiares est décrit par l'architecte Marcel Boutterin en annexe des statuts de la Société anonyme du Grand Hôtel des Bains salins de Besançon-Mouillère. Il fait partie d'un "immeuble" que l'on propose d'identifier avec la demeure de style "chalet" visible sur un cliché d'A. Le Blanc daté du 6 septembre 1892.

Charles Savoye est le fils d'un horloger suisse. La Maison Savoye Frères et Compagnie est alors établie au 7 square Saint-Amour. Charles Savoye est à l'origine de la Société anonyme du Grand Hôtel des Bains salins de Besançon, créée le 16 novembre 1892 avec son principal associé, le banquier bisontin Marie-Aimé-Albert Jacquart. La société a une durée de quinze ans, elle est dotée d'un fond social de 500.000 francs. Savoye apporte à la société le terrain (au prix estimé à 47.500 francs) ainsi que 182.500 francs, soit au total 230.000 francs (23 actions). Marie-Aimé-Albert Jacquart apporte quant à lui 180.000 francs (18 actions) et devient le premier président de la société. Huit autres associés détiennent une ou deux actions de 10.000 francs. Parmi eux, Eugène Savoye, Jean-Claudius Gondy et Alfred Graa sont fabricants ou négociants en horlogerie, et Émile Ledoux est docteur en médecine.

Construction de l'hôtel (1892-1893)

L'objet de la société est la construction et la gestion d'un Hôtel des Bains, à proximité du casino-restaurant et de l'établissement thermal. Dès le 8 octobre 1890, avant même l'acquisition du terrain et la création de la société, l'architecte Boutterin signe l'avant-projet d'un hôtel composé de deux corps de bâtiment disposés perpendiculairement. Le corps principal est prévu le long de l'avenue des Chaprais (actuelle avenue Carnot) mais son entrée se situe sur la façade orientale, côté jardin. Il doit comprendre un niveau de soubassement pour les services, un rez-de-chaussée surélevé avec deux salles à manger et deux salons, trois étages carrés et un étage de comble. Un grand escalier "à l'impérial" (une volée centrale, un repos central, deux volées divergentes, deux repos et deux volées parallèles) doit occuper le centre du corps principal. Le dessin de l'avant-projet trahit l'hésitation de l'architecte quant à la hauteur à donner à l'aile sud, car elle crée une ombre dans le jardin. Elle comprend des chambres et un salon au rez-de-chaussée surélevé.

Le projet définitif date de l'été 1892. L'aile sud est abandonnée et le corps principal adopte un plan en H. La hauteur de l'édifice est réduite d'un étage. L'architecte prévoit l'entrée principale sur la façade ouest, côté avenue. Le perron donne accès au rez-de-chaussée surélevé. À l'intérieur, l'escalier est simplifié et déporté vers le nord, ce qui permet de créer un vestibule central donnant directement sur la grande salle à manger. Les autres pièces communes de ce niveau sont rassemblées au sud : petite salle à manger, salon de billard et enfin grand salon, qui semble avoir été doté d'une scène pour les spectacles. Les chambres sont dans les étages.

Le travail de l'architecte est documenté par une série de dessins, datés du 27 août 1892 au 26 octobre 1895. Plusieurs photographies de l'entreprise A. Le Blanc provenant de la collection de la famille de l'architecte rendent compte de l'avancée du chantier. Les fondations sont réalisées le 1er octobre 1892, les murs s'élèvent à partir de novembre, la charpente est posée en avril 1893. Le gros œuvre semble terminé sur la photographie du 6 juin 1893. La cheminée de la salle à manger porte la date de MDCCCLXXXXIII (1893) ainsi que la signature de l'architecte. Après l'inauguration de l'hôtel, les travaux se poursuivent. La marquise du restaurant n'est en effet construite qu'en 1895. Le mur de clôture qui aurait dû fermer la cour, côté avenue, n'est semble-t-il jamais construit.

Décoration de l'hôtel (1893-1894)

L'architecte conçoit également les décors intérieurs des pièces communes du rez-de-chaussée, comme le montrent plusieurs de ses dessins. Le vestibule et la grande salle à manger ont conservé leurs boiseries d'origine, repeintes toutefois en blanc. La petite salle à manger (à l'angle sud-est) et le grand salon (à l'angle sud-ouest) ont en revanche été transformés. Entre ces deux pièces, un salon de billard était orné d'un décor inspiré de l'art hispano-mauresque, d'où son nom de "salon mauresque". Son décor intérieur est perdu, mais la petite marquise de la façade sud, partiellement conservée, évoque encore le style de ce salon.

Charles Savoye, fils d'un horloger suisse, est à l'origine de la Société anonyme du Grand Hôtel des Bains salins de Besançon, créée le 16 novembre 1892. Dès le 8 octobre 1890, l'architecte Marcel Boutterin avait signé l'avant-projet d'un hôtel composé de deux corps de bâtiment disposés perpendiculairement. Quant au terrain, il avait été acquis par Savoye dès le 30 septembre 1891. Les fondations sont réalisées le 1er octobre 1892, les murs s'élèvent à partir de novembre, la charpente est posée en avril 1893. Le gros œuvre est terminé en juin 1893. La cheminée de la salle à manger porte la date de 1893 ainsi que la signature de l'architecte. Après l'inauguration de l'hôtel, les travaux se poursuivent : la marquise de la façade orientale (aujourd'hui détruite) n'est en effet construite qu'en 1895. L'architecte conçoit également les décors intérieurs (grande salle à manger, petite salle à manger, salon et salle de billard dit salon mauresque). Le déclin de l'établissement thermal et sa fermeture définitive en 1965 changent la vocation première de l'hôtel, qui appartient alors à la société civile immobilière Résidence des Bains. Il devient un hôtel Mercure. Depuis 2007, il est un établissement du réseau des Résidences Services Villa Médicis (48 résidents). Certains aménagements, comme l'ascenseur, sont récents.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , porte la date, daté par source
  • Dates
    • 1893, porte la date, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Boutterin Marcel
      Boutterin Marcel

      Boutterin, Marcel (1842-1915), architecte. Né à en 1842 à Ollans (Doubs), mort en 1915. Élève de l'école de dessin de Besançon, où il suit l'enseignement d'Alphonse Delacroix et d'Alfred Ducat. Architecte à Besançon, en charge des affaires du diocèse et des Monuments historiques du Doubs. Grande médaille de l'Association provinciale des architectes français en 1914. Père de Maurice Boutterin (1882-1970).

      (Source : [Exposition. Besançon, Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie. 2005]. Marcel et Maurice Boutterin, deux architectes bisontins au travail, 1872-1932. Donation Maria-Catherine Boutterin. Réd. Lionel Estavoyer et Marie-Claire Waille. Besançon : Ville de Besançon, 2005. 80 p.).

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      architecte attribution par source, signature

L'édifice a un plan en H. Il comprend un niveau de soubassement (actuellement : cuisines et services, salle de réunion et garage), un rez-de-chaussée surélevé (salle à manger et chambres), deux étages carrés (chambres) et un étage de comble. Il est construit en pierre et en brique. Il est couvert de toits à longs pans et croupe recouvert d'ardoise. Un escalier tournant à retours dessert tous les niveaux, le jour central est occupé par un ascenseur.

  • Murs
    • pierre
    • brique
    • enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan régulier en H
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • État de conservation
    remanié
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
    • menuiserie
    • ferronnerie
    • mosaïque
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler