Sonia Dourlot, photographe. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 2014-2020
- patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Pays horloger (le) - Saint-Hippolyte
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Commune
Saint-Hippolyte
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Adresse
rue du Dessoubre
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Cadastre
2019
AI
43, 44, 52, 53
;
1830
C
66, 76, 78
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Dénominationsfilature, tissage, tréfilerie
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Appellationsusine Morgenroth, usine Cohendet, usine Riat, tréfilerie Bannerot
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Destinationsusine d'appareils de levage et de manutention
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Parties constituantes non étudiéeslogement, grange, remise, vanne, barrage
En 1829, Jean Gaspard Morgenroth, citoyen allemand déclaré "fabricant de percale", vient d’établir sur la rive gauche du Dessoubre une "fabrique de tissus de lin, de fil et de cotton", occupant un bâtiment dessiné sur le plan cadastral de 1830 (C 76). "Pour donner à cet établissement toute l’utilité et les avantages dont il est susceptible par sa position, il serait nécessaire non seulement de teindre la plus grande partie des produits de sa fabrique, mais même de leur donner la dernière préparation au moyen d’un moulin à foulon." Morgenroth prévoit donc d’installer teinturerie et foulon dans un bâtiment parallèle au premier et juste en amont de lui (C 78), et il sollicite l’autorisation de placer en lit de rivière une roue hydraulique de 5 à 6 m de diamètre. Sur le plan joint à sa demande, il identifie la fabrique par la mention "maison d’habitation où sont placés plusieurs métiers de tisserand" et il précise : "La plus part des tissus soit en cotton, fil, laine ou lin sont destinés à être teints pour les personnes de la campagne". L’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées précise la procédure à suivre mais ajoute en commentaire qu’il conviendrait d’inviter le demandeur "à examiner s’il ne serait pas plus convenable de construire sa roue sans supports dans le lit du Dessoubre à l’instar de celles qui existent sur la Loue à Ornans et en d’autres lieux, cette modification pouvant faciliter singulièrement l’obtention de l’autorisation qu’il sollicite". Suggestion acceptée le 20 août 1830 par l’intéressé, qui présente toutefois l’année suivante une nouvelle demande intégrant la construction d’un barrage (apparemment déjà réalisé). Propriétaire des deux bâtiments représentés en bordure de rivière sur le plan cadastral, Morgenroth en acquiert un troisième vers 1832 : une petite maison (C 66) située de l’autre côté de la route, appartenant aux familles Galliot, Lanternier et Camard et bâtie en 1810 (chronogramme visible sur un linteau avec les initiales I E ME HE). Son associé Rondot et lui-même sont cependant en faillite en 1839.
A cette date, le percepteur de Landresse, Roy, sollicite l’autorisation d’établir une filature sur la rive droite du Dessoubre, face à la leur. En 1842, il se désiste au profit d’un parent, François Cohendet (1806-1866, marié avec Catherine Riat), qui vient d’acheter l’usine Morgenroth et lui a déclaré que la rivière ne pourrait suffire pour deux établissements en temps de sécheresse et basses eaux. Cohendet modifie en 1858 les bâtiments, en en convertissant les combles en atelier. Maire de Saint-Hippolyte en 1863, il est alors à la tête d’un petit tissage mécanique, avec atelier de teinturerie.
Son usine passe au milieu de la décennie suivante à Hippolyte Riat (1838-1918), un neveu par alliance. Dit filateur de laine, Riat l’agrandit vers 1879 et, le 13 février 1882, sollicite l’autorisation d’exhausser son barrage afin d’augmenter la force disponible, autorisation accordée par l’arrêté préfectoral du 7 juin 1883. L’usine, au plan en U, est alors composée des deux corps dessinés en 1830 réunis par un troisième côté rivière, et d’un "magasin" établi juste en amont. Elle est incendiée en 1885 et immédiatement rebâtie, Riat prolongeant par ailleurs vers 1893 du côté nord la maison située de l’autre côté de la route. Au tournant des 19e et 20e siècles, le site accueille côté rivière maison, remise, écurie, filature et tréfilerie. Remplaçant la teinturerie, cette tréfilerie est exploitée par Louis et Achille Bannerot. Ceux-ci font, vers 1908, construire un nouveau bâtiment (ou transforment l’un de ceux existants), porté comme atelier de galvanisation et remise sur la matrice cadastrale, qui enregistrera aussi en 1925 la création de "bobines" par Achille Bannerot. La tréfilerie comptera alors sept ouvriers.
Le site est acquis à l’issue de la Première Guerre mondiale par Ernest Simonin, lequel achète ensuite les installations de Bannerot. La remise et le bâtiment des "bobines" sont supprimés vers 1940 puis la propriété est partagée à l’issue de la Deuxième Guerre entre Georges et Michel Simonin, tous deux curés, le premier professeur à la maîtrise à Besançon, le second à Vesoul. Les locaux semblent alors désaffectés. En 1954, le garagiste Elie Silvant (1909-1968) en loue une partie pour héberger une activité de fabrication de treuils à câble destinés à équiper les tracteurs agricoles et forestiers. Il y emploie une quinzaine d’ouvriers, puis une vingtaine lors de son décès en 1968. Madeleine, sa veuve, et Gérard, leur fils, transfèrent en 1971 l’entreprise aux Vieux Moulins, en amont. L’usine a été démolie au cours de la dernière décennie du 20e siècle mais les logements subsistent.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 19e siècle , porte la date
- Principale : 2e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle , daté par source , (détruit)
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Dates
- 1810, porte la date
Les murs sont en moellons calcaires enduits, avec pan de bois et essentage de planches pour une partie de la grange. Le logement oriental comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré ; le logement occidental a un sous-sol partiel, un étage carré et un étage de comble ; les dessertes sont assurées par des escaliers dans-oeuvre. Ils sont couverts par des toits à longs pans et tuiles mécaniques (partiellement en tuiles plates sur la grange), avec croupes brisées sur le premier et pignons couverts pour le second.
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Murs
- calcaire moellon enduit
- bois pan de bois essentage de planches
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Toitstuile mécanique, tuile plate
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans croupe brisée
- pignon couvert
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre
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Énergies
- énergie hydraulique produite sur place
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État de conservationvestiges
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Statut de la propriétépropriété privée
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
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Documents d'archives
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Archives départementales du Doubs, Besançon : 3 P 520
3 P 520 Cadastre de la commune de Saint-Hippolyte, 1830-1956
3 P 520 : Atlas parcellaire (6 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Gounaud et Morel, 1830
3 P 520/1 : Registre des états de sections, [1832]
3 P 520/2 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, [1832-1913]
3 P 520/3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910
3 P 520/4 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1956
3 P 520/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1956
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Archives départementales du Doubs, Besançon : M 3044
Archives départementales du Doubs : M 3044 Travail et main d’œuvre, 1926-1930.
Mention de la tréfilerie Bannerot à Saint-Hippolyte (1930) -
Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 759
Sp 759 Service hydraulique. Réglementation, autorisations de travaux, renseignements divers (1839-1919)
Dossier Saint-Hippolyte (1839-1919) -
Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 1241
Archives départementales du Doubs : Sp 1241 Fonds des Ponts et Chaussées. Service hydraulique. Usines (1823-1910).
Dossier Saint-Hippolyte (1829-1882) -
Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 1270
Archives départementales du Doubs : Sp 1270 Fonds des Ponts et Chaussées. Service hydraulique. Police des eaux - usines (1818-1895).
Dossier Saint-Hippolyte (1859-1892)
Bibliographie
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Silvant, Gérard ; Cattin, Claude ; Clerc, Danièle ; Clerc, Hervé. L’épopée des treuils Silvant. Au Clos du Doubs, n° 126, novembre-décembre 2013, p. 14-16 : ill.
Documents figurés
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Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 1241
Plan d’un établissement projeté par le Sr Morgenroth sur la rivière du Dessoubre pour teindre les produits de ses métiers et les fouler, dessin (plume, lavis), s.n., s.d. [1829], 1/200, 28 x 41 cm
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Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 1241
Plan d’une partie du cours de la rivière du Dessoubre à l’amont du pont de St Hypolite, dessin (plume, lavis), par Thomassin, Montbéliard le 10 novembre 1830, sans échelle, 37,5 x 58,5 cm
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Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 1241
Commune de St Hippolyte. Rivière du Dessoubre. Règlement de l’usine appartenant au sieur Riat et exhaussement du barrage. Plan et profils en long et en travers, dessin (plume, lavis), par l’ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées Weisgerber, Montbéliard le 2 mars 1883, échelles diverses (plan = 1/2 500), 31 x 189 cm (ADD : )
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Archives départementales du Doubs, Besançon : Sp 1270
Plan à l’appui de la demande en autorisation d’établir une filature sur la rive droite du Dessoubre au territoire de St Hippolyte, dessin (plume, lavis), par Roy, Landresse le 22 juin 1839, 1/500, 42 x 62 cm
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Archives départementales du Doubs, Besançon : 6 Fi 25519/8
St-Hippolyte - La filature, carte postale, s.n., [fin 19e siècle-début 20e siècle, avant 1906]. Porte la date 27 juin 1906 (tampon) au verso.
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Archives départementales du Doubs, Besançon : 6 Fi 25519/39
Saint-Hippolyte (Doubs), carte postale en couleur, s.n., s.d. [1er quart 20e siècle], Bauer Marchet éd. à Dijon
Le monogramme BM figurant au recto a été utilisé par l'éditeur de 1904 à 1909 (puis remplacé de 1909 à 1916 par le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon).
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Archives départementales du Doubs, Besançon : 6 Fi 25519/47
412. Entrée du Dessoubre à Saint-Hippolyte, carte postale, par Ch. Simon à Maîche, [fin 19e siècle-début 20e siècle, avant 1908]. Porte la date 1908 (tampon) au verso.
Documents multimédia
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Courcelle, Agnès. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
Famille Cohendet, à Saint-Hippolyte (consultation : 26 juin 2019) -
Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/
Famille Riat, à Saint-Hippolyte (consultation : 26 juin 2019)
Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-
Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-