Dossier d’œuvre architecture IA70001135 | Réalisé par
Mairot Philippe (Contributeur)
Mairot Philippe

Philippe Mairot, chercheur. Région Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 2011-

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Boffy Nicolas (Contributeur)
Boffy Nicolas

Chargé de recherche. Région Bourgogne-Franche-Comté, service Inventaire et Patrimoine. 2024-

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  • enquête thématique régionale, val de Saône
hôtel sur rue, dit maison Cordienne, rue Patet-Tournante
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val de Saône - Jussey
  • Commune Jussey
  • Adresse rue Patet Tournante
  • Cadastre 2020 AL 383  ; 1820 F 1111-1112
  • Précisions
  • Dénominations
    hôtel
  • Destinations
    prison, école
  • Parties constituantes non étudiées
    grange, remise, logis, tour

Aucune source ancienne ne vient apporter d'élément sur la période de construction. La date de 1717 inscrite sur le linteau de l'une des fenêtres du rez-de-chaussée s'accorde avec la forme des fenêtres de ce même niveau. Il est possible que ce soit l'origine de la construction actuelle, tandis que les fenêtres à arcs segmentaires de l'étage paraissent trahir une modification plus tardive du 18e siècle, ce que confirmait indirectement le heurtoir disparu de la porte d'entrée qui portait le millésime 1730. La maison porte le nom de l'un de ses propriétaires, l'abbé Jacques Antoine Cordienne (1758-1827). Sa maison est utilisée comme "renfermerie" (maison d'arrêt) au moment de la Révolution. Cordienne vend sa demeure à la commune le 10 août 1821. Cette dernière y installe une école de filles et un hospice pour malades et indigents, conformément à l'accord du préfet du 7 novembre 1821 (délibération municipale du 31 octobre 1822). Des travaux y sont entrepris et l'école est documentée en 1824 (délibération municipale du 29 juillet 1824). Toutefois, en 1853, la ville loue la maison aux frères des écoles chrétiennes qui y établissent une école de garçons, forts du legs réalisé par le testament de Mme Adèle Bourdault le 21 avril 1840. Peut-être les frères réalisent-ils des travaux d'extension de la remise située au sud de la propriété, qui apparaissait d'une mince étendue dans le cadastre de 1820. Sous la Troisième République, la municipalité entretient de mauvaises relations avec les religieux, qui finissent par être expulsés en 1904, à la suite de la loi Combes du 7 juillet. Le 23 février 1908, la Ville vend par adjudication la maison à Charles Guillaume (délibération municipale du 6 novembre 1907). L'acte de vente précise que l'immeuble se compose de "quatre grandes chambres au rez-de-chaussée avec vestibule, neuf au premier étage et trois au deuxième", ce qui paraît indiquer que les pièces de l'étage avaient alors été cloisonnées. La commune la rachète à Alice Guillaume le 6 décembre 1996.

L'ensemble de l'hôtel occupe toute la parcelle indépendante, centrale, bordée de tous les côtés par les rues Patet-Tournante, rue du général-Etienney et rue Patet-Traverse. Un vaste bâtiment principal occupant le nord de la parcelle comprend le corps de logis, une remise et une grange dans le prolongement ouest. Un bâtiment de remises, sans doute installé sur un ancien jardin, occupe le sud de la parcelle. Deux portes charretières, au sud et à l'est, ainsi qu'une porte piétonnière, à l'ouest, donnent accès à l'intérieur de la parcelle.

Le corps de logis est constitué de murs de calcaire enduit, les charpentes de bois sont recouvertes de tuiles plates. Ce bâtiment est composé d'un sous-sol voûté en berceau, d'un rez-de-chaussée, d'un étage carré et d'un étage en surcroît. Une tour d'escalier hors-œuvre donne accès aux étages. L'escalier, de plan rectangulaire, est rampe-sur-rampe à retour sans jour. À son dernier niveau prend place un pigeonnier. Il est couvert d'un toit en pavillon, à faîtage court, à courbe et contre courbe, couronné de deux épis de faîtage. Le logis s'ouvre sur la rue au nord-est par deux degrés et un portail dont les pilastres toscans supportent un entablement couronné de demi-frontons convergents. Le millésime 1717 et les lettres IHS surmontées d’une croix figurent au linteau de la fenêtre gauche du rez-de-chaussée (murée) jouxtant la porte. À l’intérieur se trouvent plusieurs éléments de décor du 18e siècle, des lambris et des cheminées.

Dans le prolongement ouest du corps de logis, une grange et une remise ne se distinguent pas visuellement depuis la rue, quoique les deux charpentes soient bien distinctes. La couverture est de tuiles mécaniques du côté de la cour et de tuiles plates pour le reste.

Le long de la rue Patet-Tournante s'étend une remise d'un seul niveau, également constituée de moellons enduits et couverte de tuiles mécaniques.

  • Murs
    • calcaire
    • moellon
    • enduit
  • Toits
    tuile plate, tuile mécanique
  • Étages
    sous-sol, étage de comble, 2 étages carrés, étage en surcroît, étage de soubassement
  • Couvertures
    • toit en pavillon
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier de distribution : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie, en charpente
  • Typologies
  • État de conservation
    menacé
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1997/11/06
  • Précisions sur la protection

    Corps de logis, y compris l'escalier (cad. AL 383) : inscription par arrêté du 6 novembre 1997.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Haute-Saône. Cadastre de la commune de Jussey. [1820-1914].

    - Atlas parcellaire (1820) : 3 P 2808

    - Matrices cadastrales (1823-1852) : 3 P 1065 (folio 1 à 856), 3 P 1066 (folio 857 à 1736), 3 P 1067 (folio 1737 à 1931)

    - Matrices cadastrales (1852-1914) : 3 P 1068 (folio 1 à 760), 3 P 1069 (folio 761 à 1520), 3 p 1070 (folio 1521 à 2209), 3 P 1071 (folio 2210 à 2809)

  • Archives départementales de la Haute-Saône : 292 E dépôt 176. Conseil municipal de Jussey : délibérations (mai 1816-décembre 1831). 1816-1831.

    Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul : 292 E dépôt 176
    Fol. 49r, 58r.
  • Archives départementales de la Haute-Saône : 292 E dépôt 178. Conseil municipal de Jussey : délibérations (février 1839-août 1851). 1839-1851.

    Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul : 292 E dépôt 178
    Fol. 48v-49r. 1843.
  • Archives départementales de la Haute-Saône : 1 J 415. Biographie de l'abbé Cordienne (1715-1827) (sans nom, sans date).

    Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul : 1 J 415
  • Archives départementales de la Haute-Saône : 4 O 292. Achats, ventes, travaux relatifs aux bâtiments et chemins de Jussey. An XII-1855.

    Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul : 4 O 292-1

Bibliographie

  • Coudriet, Jean-Baptiste ; Châtelet, Pierre François. Histoire de Jussey. Paris : Édition Res Universis, 1989. Première édition, Besançon : impr. de J. Jacquin, 1876.

    P. 251.
  • Boisnard, Patrick, Dossier de protection de la maison Cordienne, 1997

    Conservation régionale des monuments historiques, Besançon
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Mairot Philippe
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Philippe Mairot, chercheur. Région Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 2011-

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Boffy Nicolas
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Chargé de recherche. Région Bourgogne-Franche-Comté, service Inventaire et Patrimoine. 2024-

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