Sancey, Yves. Photographe. Direction régionale des Affaires culturelles de Franche-Comté puis Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine. 1973-2013.
- patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Pays horloger (le) - Maîche
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Commune
Charquemont
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Adresse
10-14 rue du Château
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Cadastre
2013
AH
11, 14, 15, 120
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Dénominationsusine d'horlogerie, maison
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Précision dénominationusine de montres, usine de fournitures pour l’horlogerie
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Appellationsatelier Amédée Tirolle, usine de la Maison Victorin Frésard
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Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, entrepôt industriel, magasin industriel, logement, logement, transformateur, garage, tonnelle, jardin
Amédée Tirolle (Charles Joseph Amédée Tirolle, ou Tyrole, 1858-1908) fait construire en 1887, en bordure de la rue du Château, une maison dotée d'un atelier pour la fabrication des roues d'ancre. Vers 1902, il agrandit ou reconstruit le bâtiment (cadastré E 140/113, actuel n° 10 de la rue). A la fin de la décennie, son affaire passe à son fils Adrien Tirolle (1883-1954), sertisseur de rubis qui s'établira rue du Crôt en 1932, tandis que la maison est reprise par sa fille Andréa (née en 1877), épouse de Victorin Frésard (1880-1936). Né à Bure (Suisse), ce dernier est le fils d'Aster Frésard, fabricant d'assortiments à cylindre (échappements) établi à l'angle de la Grande Rue (au n° 9) et de la rue des Lilas. Victorin est depuis 1911 associé à ses frères Constant et Joseph et à son beau-frère Paul Bessot (époux de sa sœur Constance) au sein de la société Frésard Frères et Bessot (6 rue des Lilas). En 1932, il se met à son compte en créant la fabrique d'assortiments à cylindre Victorin Frésard et Enfants, à laquelle participent deux de ses fils, Roger et Georges, et sa fille Denise (épouse de Valbert Brulard). Le bâtiment initial a été agrandi vers 1922 puis, vers 1925, Victorin a fait bâtir une usine (E 113, actuel n° 12) et acheté à Jules-Auguste Jeannoutot la maison voisine (E 141/113, actuel n° 14), édifiée en 1886 pour Octavie Erard. Son affaire emploie jusqu'à 150 personnes, sur place ou à domicile.
Roger Frésard (1904-1983), marié à Marcelle Patois (fille de Félix, finisseur de roues de cylindre au 2 rue Pasteur), prend la suite après son décès et transforme le 4 août 1936 l'entreprise en Sarl Maison Victorin Frésard (au capital de 240 000 F). Cette société occupe l'usine, où elle produit plusieurs centaines de grosses d'assortiments par mois (une grosse équivalant à douze douzaines d'unités). Face au déclin de l'assortiment à cylindre concurrencé par celui à ancre, Roger se reconvertit dans le pivotage (réalisation du pivot d'une pièce mobile) pour l'un et l'autre de ces systèmes d'échappement. Sa Sarl réalise aussi à partir de 1947 des montres entières, vendues sous les marques MVF (Maison Victorin Frésard) pour celles à échappement à cylindre et SardLux pour celles à échappement à ancre. En 1949 et 1950, l'entreprise n'utilise que des ébauches françaises ; du 1er juillet au 30 novembre 1956, elle en achète 2 260 : 600 de la Fabrique d'Ebauches de Maîche et 450 des Ets Joseph Jeambrun (JEJ) à Maîche, 800 de Cupillard (VC) et 100 de Parrenin (HP) à Villers-le-Lac, 300 de la société Horlogerie de Savoie (HS) et 10 de la Fabrique d'Ebauches de Montres du Genevois à Annemasse (Femga). En 1952, sa production mensuelle varie de 1 500 à 2 000 montres de petites dimensions, dont 50 à 70 % pour l'exportation ; elle emploie 10 personnes en atelier et 5 ou 6 termineurs à domicile.
A la fin des années 1940 ou au début des années 1950 a lieu un partage : l'ancienne maison Jeannoutot (E 141/113), modifiée vers 1940, passe à Roger et André Frésard (ce dernier arrêtant le 1er janvier 1949 sa fabrication de montres 5 1/4 à échappement à cylindre) tandis que l'ancienne maison Tirolle (E 140/113) devient propriété de Raymond Frésard et Valbert Brulard (montres Rexa, 6 rue du Lac à Annecy). Raymond (époux de Suzanne Fierobe) est à l'origine de la société Sardlux (ou Sarlux) fondée au début des années 1960 ; il va employer jusqu'à une dizaine de personnes avant d'arrêter son entreprise et de devenir représentant pour son cousin Pierre Frésard (Frésard-Panneton) et pour la Manufacture horlogère de Savoie (Lorsa), à Annemasse. Les deux bâtiments sont toujours à usage d'habitation.
De son côté, l'usine de la Maison Victorin Frésard est agrandie au nord-est vers 1953-1956. Lui succède à la fin des années 1950 la Sarl Coeurdor (au capital de 500 000 F), fondée le 28 mars 1950 avec siège social au 10 rue des Villas à Besançon. Cette société était précédemment implantée dans l'ancienne usine Walcker puis Pasquier Frères, au 11 rue de l'Eglise, comme il ressort de la déclaration d'ouverture d' "un atelier où il sera procédé au dépôt électrolytique des métaux" du 3 mai 1950 signée par le gérant Joseph Nappey, fabricant de boîtes de montres à Charmauvillers. La Sarl est transformée en SA le 30 décembre 1958 puis fusionne le 12 janvier 1967 avec le Microdécolletage, de Maîche, dont elle reprend l'usine du 8 rue de la Batheuse. Elle cède la place en 1974 à la famille Haenni, à la tête de la fabrique de cadrans de montre Elector établie rue Victor Hugo. Georges Haenni et ses enfants y réalisent des cadrans de montre et surtout des index pour ces cadrans via la Sarl Indexor, créée en 1970. Ils y pratiquent également l'injection plastique. Les installations d'Indexor, qui emploie jusqu'à 29 personnes, sont endommagées par un incendie le 17 mars 1995. Michel Haenni, l'un des fils de Georges, choisit alors de transférer son activité à Maîche, au 9 rue du Mont, dans l'ancienne usine d'horlogerie Rotschi. Le bâtiment est actuellement désaffecté.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
- Principale : 1ère moitié 20e siècle , daté par source
- Secondaire : 3e quart 20e siècle
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Dates
- 1886, daté par source
- 1887, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
maître d'oeuvre inconnumaître d'oeuvre inconnuCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
Les bâtiments ont des murs en moellons calcaires enduits et une couverture en tuile mécanique. L'extension de l'usine fait appel au parpaing de béton, de même que le garage à côté. L'usine compte deux étages carrés et un comble à surcroît, protégés par un toit à croupes avec une demi-croupe au-dessus de l'entrée au nord-ouest. Les deux maisons ont sous-sol, rez-de-chaussée (surélevé pour le n° 10), étage carré et étage en surcroît (surmonté d'un comble au n° 14). Celle du n° 10 présente, sur le mur pignon nord-est, une logette sommée d'une terrasse en béton et sur le mur gouttereau côté rue une travée formée de baies horlogères superposées ; la grande baie du n° 14 ouvrant l'étage en surcroît côté rue signale peut-être un ancien atelier. Ces maisons sont coiffées d'un toit à longs pans, demi-croupes et égouts retroussés. La tonnelle octogonale est en pan de bois avec couverture en losanges de ciment-amiante.
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Murs
- calcaire moellon enduit
- béton parpaing de béton enduit
- bois pan de bois
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Toitstuile mécanique, béton en couverture, ciment amiante en couverture
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Étages2 étages carrés, comble à surcroît
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- demi-croupe
- terrasse toit à plusieurs pans noue
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre
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Énergies
- énergie électrique achetée
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Typologiesbaie horlogère ; baie d'atelier
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État de conservationétablissement industriel désaffecté
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Statut de la propriétépropriété privée
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Référence Patriarcheprésent sur POP
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Ministère des Finances, Service du cadastre
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Archives départementales du Doubs
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
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- (c) Charles Simon
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) CIM
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Archives départementales du Doubs
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- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
- (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
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Donzé, Jacques. Ancien horloger, historien de Charquemont.
2012-2014 -
Haenni, Michel. Ancien dirigeant des sociétés Indexor, à Charquemont, et IMM Développement, à Maîche.
24 juin 2015
Documents d'archives
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Archives départementales du Doubs : 50 J 26 Syndicat de fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1947-1969.
Dossier Frésard André (fabrique), à Charquemont, 1949. -
Archives départementales du Doubs : 3 P 128 Cadastre de la commune de Charquemont, 1812-1963.
- 3 P 128/1 : Registre des états de sections (1812).
- 3 P 128/2-3 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties [1823-1906].
- 3 P 128/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1882-1910).
- 3 P 128/8-9 : Matrice cadastrale des propriétés bâties (1911-1963).
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Archives départementales du Doubs : 171 W 3 Établissements classés (1950-1964).
Dossier de la société Coeurdor, à Charquemont (1950). -
Papier à en-tête de la fabrique d’horlogerie Victorin Frésard, 28 janvier 1955.
Bibliographie
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Belmont, Henry-Louis. L'échappement à cylindre (1720-1950) : le Haut-Doubs, centre mondial au 19e siècle. - Besançon : Technicmédia, 1984. 328 p. : ill. ; 28 cm.
P. 144, 257-259, 283-288 : ill. -
Simonin, Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche. - Maîche : M. Simonin, 2007. 143 p. : ill. ; 30 cm.
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Sornay, Lionel. Prosopographie des entreprises horlogères et de leurs financeurs sur le plateau de Maîche 1925-1973. - Besançon : Université de Franche-Comté, 2003. 56 p. : ill. ; 30 cm. Mém DEA : histoire industrielle : Besançon : 2003 ; 51.
P. 40, 41. -
Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991. 243 p. : cartes postales ; 31 cm.
P. 130-132, 144 : ill.
Documents figurés
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Plan cadastral parcellaire de la commune de Charquemont [...] terminé sur le terrain le 24 juin 1811 [...] par M Vial géomètre du cadastre.
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Charquemont (Doubs) - Fabrique A. Tirolle et Rue du Près Rousselle, carte postale coloriée, s.n., s.d. [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1909], Bauer Marchet et Cie éd. à Dijon. Publiée dans : Simonin Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche, 2007, p. 27.
Le monogramme BM figurant au recto a été utilisé par l'éditeur de 1904 à 1909, puis remplacé de 1909 à 1916 par le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon (source : http://dijon1900.blogspot.fr/2013/02/bauer-marchet-et-cie.html)
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Charquemont (Doubs) - Fabrique de roues ancre [Tirolle]. Vue intérieure, carte postale coloriée, s.n., s.d. [limite 19e siècle 20e siècle, avant 1909], Bauer Marchet et Cie éd. à Dijon. Publiée dans: Simonin Michel. L'horlogerie au fil du temps et son évolution en Franche-Montagne, sur le plateau de Maîche, 2007, p. 27. Egalement publiée dans : Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991, p. 124.
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Charquemont (Doubs) - Vue générale [la rue du Château vue de l'ouest], carte postale coloriée, s.n., s.d. [entre 1904 et 1909], Bauer Marchet éd. à Dijon. Le monogramme BM figurant au recto a été utilisé par l'éditeur de 1904 à 1909, puis remplacé de 1909 à 1916 par le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon.
Les maisons Tirolle et jeannoutot sont visibles au centre de la carte postale. -
Charquemont [la maison de Victorin Frésard, rue du Château, vue de trois quarts droite], carte postale, par Ch. Simon, s.d. [1er quart 20e siècle], Ch. Simon éd. à Maîche. Publiée dans : Vuillet, Bernard. Entre Doubs et Dessoubre. Tome III. Autour de Charquemont et Damprichard. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1991, p. 131.
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Charquemont (Doubs). 11059 - Vue aérienne [depuis l'ouest], carte postale, s.n., s.d. [entre 1950 et 1955], Éditions aériennes Cim, Combier impr. à Macon.
Le site est visible à droite. -
Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr).
Photographies des 25 mai 1951, 27 août 1958, février 1967.
Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-
Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-