Dossier d’œuvre architecture IA25001454 | Réalisé par
Poupard Laurent (Rédacteur)
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
maison et atelier d'horlogerie de Camille Joriot
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays horloger (le) - Morteau
  • Commune Villers-le-Lac
  • Lieu-dit le Replenot
  • Adresse rue des Vergers
  • Cadastre 2016 AO 190, 198, 283-299
  • Dénominations
    maison, atelier
  • Précision dénomination
    atelier d'horlogerie
  • Appellations
    atelier de Camille Joriot
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement, garage, dépendance, jardin d'agrément

La maison est bâtie en 1866 au lieu-dit le Replenot pour Marie Couronnée Bouvet, veuve d'Auguste Chopard-dit-Jean. Elle est achetée aux enchères en 1887 par Camille (Camille César) Joriot, horloger de profession, engagé comme gendarme à cheval à Marnay de 1881 à 1887, qui l'agrandit à cette date puis la modifie vers 1893. Après sa mort en 1894, son fils Camille (Camille Léon, 1878-1957) en devient propriétaire. Il aménage le site au cours des décennies 1920-1930, agrandissant le bâtiment et lui ajoutant une tour (avant 1928). Ainsi, sur une photographie de 1930, deux nouvelles fenêtres ont été ajoutées à celles jumelées du pignon pour éclairer l'atelier d'horlogerie, situé dans l'étage en surcroît. Dans ce local, déjà attesté au début des années 1890, six à dix personnes au maximum effectuent le "remontage de finissage des pignons" (pivotage) pour son compte. L'activité disparaît au cours de la décennie 1930. L'atelier est alors utilisé pour les activités commerciales (négoce de matériel pour les forestiers) de son beau-frère, Etienne Amiot, qui habite la maison jusqu'en 1950, date de sa transformation en salle de séjour.

Camille Joriot est un inventeur prolifique. A partir de 1913, il fait breveter et quelquefois fabriquer toutes sortes d'objets : il dépose ainsi jusqu'à sa mort plus d'une cinquantaine de brevets originaux dans les domaines les plus variés, ayant trait à la mesure de précision, aux sujets les plus divers et surtout à l'horlogerie, notamment à l'amélioration de la montre. Il crée en 1919 sa propre entreprise de décolletage, en achetant en Suisse six machines automatiques de marque Beldi qu'il destine à la fabrication des vis d'horlogerie. En 1920, il acquiert un bâtiment au village (aux 3 rue du Lac et 2 rue du Doubs) où il installe son affaire, qui se développe considérablement à partir de 1930. Durant les années 1920 et 1930, il travaillera à améliorer les machines importées et créera son propre modèle de décolleteuse adaptée à la fabrication de la vis. Aux alentours de 1930, il s'associe avec Charles Perrot-Audet, de Charquemont, pour lui confier les opérations de finition de la vis d'horlogerie : trempe, polissage, nickelage. Sa société en nom personnel, devenue Sarl Magister en 1945, est ensuite dirigée par sa fille Hélène (1905-2000) jusqu'au début des années 1970, puis par son fils également prénommé Camille (Camille Etienne, 1921-2003). Elle emploie à sa mort plus d'une centaine de personnes entre Villers-le-Lac (fabrication), Charquemont (traitements thermiques, polissage et galvanoplastie) et Maîche (ateliers d'estampage, de matriçage et de reprises diverses, ouvert dans l'ancienne usine d'horlogerie Rotschi).

Au Replenot, Camille a également créé au fil du temps un vaste jardin d'agrément (d'environ un hectare), s'inspirant des jardins visités - notamment celui de Bagatelle - et achetant ses plants chez son ami d'enfance, Baudoin, pépiniériste à Marnay, qui faisait des recherches sur les variétés les mieux adaptées à la montagne. L'aménagement en est achevé en 1952 par la construction d'un monument à la Vierge : dessiné et réalisé par lui-même, ce monument consiste en une colonnade formée de sept piliers portés par un muret et supportant un fronton, précédée par une statue de la Vierge provenant de la chapelle du sanatorium des Genévriers. Distingué en 1949 par le Touring Club de France, ce jardin est entretenu par un jardinier à temps complet jusqu'à la fin des années 1970. En 1990, le site est vendu par la famille Joriot. Le bâtiment est très largement remanié par ses propriétaires et le terrain environnant, loti, partiellement occupé par des maisons bâties à partir de 2010 : le jardin disparaît et le monument est démoli.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle , daté par source
    • Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
  • Dates
    • 1866, daté par source
    • 1887, daté par source

La maison, aux murs de moellons calcaires enduits, a un toit à pignon découvert au sud et au nord, à demi-croupe à l'ouest et à l'est. Elle comporte un sous-sol semi-enterré, un rez-de-chaussée surélevé desservi par un escalier droit extérieur, un étage carré, un étage en surcroît et un étage de comble, accessibles par un escalier dans-oeuvre. Sa façade sud est percée à l'étage en surcroît d'une fenêtre multiple signalant l'atelier, les façades ouest et est présentent des fenêtres horlogères. Trois petits corps en rez-de-chaussée couverts d'une terrasse sont accolés au bâtiment, doté en outre au nord d'une tour hors-oeuvre (haute de 23 m), comptant cinq niveaux et coiffée d'un toit à croupe s'achevant par une terrasse faîtière. La dépendance à l'ouest, à étage carré, est protégée par une terrasse en béton (son mur occidental est revêtu d'un essentage d'ardoises) ; le garage au nord-est est en pan de bois avec essentage de planches, avec toit à un pan et tuiles mécaniques.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • bois pan de bois essentage de planches
    • essentage d'ardoise
  • Toits
    tuile mécanique, béton en couverture
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • demi-croupe
    • croupe
    • noue
    • terrasse
    • toit à un pan
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit escalier en maçonnerie
  • Typologies
    baie horlogère ; baie multiple
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Droz, Yves. Restaurateur. Collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, à Villers-le-Lac.

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    6 novembre 2015 et 1er février 2016
  • Joriot, Jean-Jacques. Petit-fils de Camille Léon Joriot et fils de Camille Etienne Joriot.

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    11 mars, 8 avril et 14 juin 2016

Documents d'archives

  • 3 P 628 Cadastre de la commune de Villers-le-Lac, 1817-1973

    - 3 P 628 : Atlas parcellaire (18 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Vial et Girardier, 1817

    - 3 P 628/1-2 : Registre des états de sections (1817 ?)

    - 3 P 628/3-4 : Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910

    - 3 P 628/5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910

    - 3 P 628/10-12 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1973

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 3 P 628
    Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties, 1822-1910 (3 P 628/3-4), et des propriétés bâties, 1882-1910 (3 P 628/5) et 1911-1973 (3 P 628/10-12)

Bibliographie

  • Les pionniers de l'horlogerie à Villers-le-Lac. Horlogerie ancienne, Revue de l'Association française des Amateurs d'Horlogerie ancienne, n° 24, 2e semestre 1988, p. 37-53 : ill.

    p. 39-41 : ill.
  • Ville de Lac-ou-Villers (Doubs) : Guide et souvenir de l'exposition horlogère et artisanale organisée par les élèves des cours du soir du 6 au 14 mai 1944. - Morteau : Impr. André Genre, 1944. 36 p. ; 20 cm.

    Collection particulière : Jean-Claude Vuez, Villers-le-Lac
    p. 13, 44
  • Vuillet, Bernard. Villers-le-Lac et son passé / photogr. Georges Caille. - Morteau : Impr. Bobillier, 1983. 56 p. : ill. ; 22,5 cm.

Documents figurés

  • [La maison, vue de trois quarts gauche], dessin (crayon de papier), s.n. [par Camille Joriot], s.d. [1890].

    Collection particulière : Jean-Jacques Joriot
  • Ensemble de photographies familiales de 1890 aux années 1970, s.n. Notamment :

    - [Musiciens en avant de la première usine Magister, rue du Doubs], photographie, s.n., s.d. [vers 1905]. Camille Joriot est à droite.

    - [La maison : façade latérale droite], photographie, s.n., s.d. [1936].

    - [La maison : façade latérale gauche], photographie, s.n., s.d. [1950].

    - [Le parc et la maison], photographie, s.n., s.d. [décennie 1950, 1957 ?].

    - [Vue plongeante sur le parc], photographie, s.n., s.d. [décennie 1950, 1957 ?].

    - [Vues plongeante et au sol du monument à la Vierge], photographie, s.n., s.d. [décennie 1950, 1957 ?].

    - [Portrait de Camille Joriot édité en 1957 dans une plaquette nécrologique], photographie imprimée, s.n.

    Collection particulière : Jean-Jacques Joriot

Documents multimédia

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Famille Joriot, à Villers-le-Lac (consultation : 2 février 2016)
  • [Identification d'un micromètre comparateur dit "palmer à vis micrométrique"]. - Janvier 2013. Discussion sur le Forum à Montres (FAM), forum de discussions horlogères : http://forumamontres.forumactif.com/t140307-outillage-kesako (consultation : 2 février 2016)

Annexes

  • Camille Joriot, inventeur prolifique
Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2016
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Poupard Laurent
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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