Dossier d’œuvre architecture IA25001822 | Réalisé par
Poupard Laurent (Contributeur)
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
immeuble, maison, imprimerie Genre, ateliers d'horlogerie Dornier, et Aeschlimann et Monbaron
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays horloger (le) - Morteau
  • Commune Morteau
  • Adresse 5 bis et 7 Grande Rue , rue Traversière
  • Cadastre 2018 AA 186, 187  ; 1816 E 140, 141
  • Dénominations
    immeuble, maison, imprimerie, atelier
  • Précision dénomination
    atelier d'horlogerie
  • Appellations
    imprimerie Genre, atelier Dornier, atelier Aeschlimann et Monbaron
  • Destinations
    magasin de commerce
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement, boutique, garage

Les trois bâtiments figurés sur le plan cadastral de 1816 (E 141) appartiennent aux héritiers de Claude Maximin Roussel. La propriété, tenue en 1841 par la veuve Vincent (bâtiment sur rue "à un étage, en bon état"), disparaît dans l'incendie du 5 mai 1865 qui détruit la Grande Rue. Deux nouvelles maisons (ou un immeuble ?) sont construits en 1866 pour Séraphin Vermot-Groshuguenin (François Séraphin, 1820-?), originaire de Montlebon. Vers 1876, ses enfants (César Sylvain né en 1847, Paul Ermin né en 1848 et Virgile Narcisse né en 1849) les cèdent à Joseph Droz (1828-1910) qui leur ajoute (sur l'arrière de la parcelle ?) vers 1881 un "magasin" (agrandi vers 1897) et une petite maison vers 1888. Toutes ces constructions passent vers 1898 à un fils de Joseph, Paul Florentin Droz (1854-1900), négociant en vins, qui agrandit considérablement la petite maison. Au décès de ce dernier, elles reviennent à la veuve de Joseph puis la propriété est morcelée vers 1908, après qu'un incendie l'a endommagée ou détruite.

La moitié sud du bâtiment sur rue (partie gauche, actuel n° 5 bis) est reconstruite suivant des plans d'Alphonse Chopard (1859-1939), frère d'Eugène qui est à la tête de la brasserie de l'Aigle. Architecte établi à Paris et Pontarlier, Alphonse dessine la façade sur la rue Traversière, que réalise l'entreprise Martignoni chargée du chantier. Ce bâtiment est édifié pour Emile et Albert Genre, dont la librairie ouvre sur la rue et l'imprimerie sur la cour. André Genre (1911-?) reprend l'affaire et fait bâtir un garage dans la cour. Il transporte au milieu des années 1960 son établissement dans les locaux de la Grande Fabrique (au 13 rue Pasteur) et est remplacé par le groupe Publipresse, avant que ce dernier ne parte pour l'ancienne brasserie de l'Aigle (rue de la Brasserie).

La partie nord (autrefois n° 5 et actuellement n° 7) est réparée ou rebâtie pour le marchand Jules Dornier (Jules Francis, 1868-1909), qui achète également le magasin de 1881 (agrandi vers 1916). Jusque-là signalé au 16 Grande Rue (actuel n° ?), Dornier est fournituriste pour les horlogers mais aussi réparateur, avec un "atelier spécial de rhabillage de montres", et fabricant d'outils (?). Le bâtiment abrite peut-être le siège social de la société en nom collectif Vuez et Cie, formée le 18 juillet 1923 entre Henri Vuez et les frères Marc et Henri Michel-Amadry. Cette affaire, qui a pour objet "la fabrication et la vente de la petite horlogerie et la continuation du fonds de commerce précédemment exploité par Henri Vuez", est dissoute le 1er mai 1928. Les frères Michel-Amadry créent leur propre entreprise, qu'ils transfèrent au 1 place de l'Hôtel de Ville (dans le bâtiment abritant l'atelier d'horlogerie de Maurice Taillard) puis en 1930 au 8 rue Charles Brügger ; pour sa part, Henri Vuez fait construire un atelier dans sa propriété du 1 place Carnot. Les biens de Jules Dornier passent vers 1937 à une autre branche de la famille, les enfants du mécanicien Jules Alfred Dornier (1867-1937) : Louis Dornier (1900-1977), horloger comme son beau-père Paul Vuillin qui, originaire de Villers-le-Lac, vient de faire construire une maison au 3 rue Jean Jaurès, et Jeanne Dornier (1911-1998), mariée en 1932 avec l'horloger Eugène Aché (Eugène Louis, 1907-1978). Louis, qui a fondé son affaire en 1922, est associé quelques années avec son frère Léon (lequel part ensuite tenir une bijouterie à Morez, dans le Jura). Il quitte les lieux au milieu des années 1950 pour reprendre la maison de son beau-père. Il conserve vers 1970 l'ancien magasin, le bâtiment sur rue (n° 7) passant à Aché.

La maison de 1888 est acquise par l'horloger Jules Aeschlimann (1869-?), dont l'affaire a été fondée en 1895. Elle est reprise vers 1930 par sa veuve née Pauline Parel puis au milieu de la décennie par Gaston Aeschlimann (1900-1960), qui est dit fabricant d'horlogerie rue Traversière (au n° 5 ou au n° 7). Ce dernier y est toujours mentionné au milieu des années 1950, associé avec son beau-frère René Monbaron (1901-1964) dans la société G. Aeschlimann et R. Monbaron. Exploitant les marques Garmex et Mir, cette Sarl (au capital de 1 million F en 1948, 1,5 en 1950) exporte 1 750 montres (1 294 au calibre 10 1/2 lignes, 445 en 5 1/4 et 11 en 7 3/4) du 1er juillet 1949 au 30 juin 1950. Elle devient Sarl G. Aeschlimann et Cie en juillet ou août 1959 (René Monbaron est signalé au 2 impasse Billard l'année suivante), au capital de 15 000 NF en 1962 lorsque son gérant fait passer une annonce pour la mettre en vente "pour raison de santé" (la veuve de Gaston Aeschlimann, née Henriette Romain, est alors propriétaire du bâtiment).

Le site abrite actuellement des magasins de commerce et des logements.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle , daté par source , (incertitude)
    • Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1866, daté par source

Les deux immeubles ont des murs en moellons calcaires enduits et comptent un sous-sol, deux étages carrés et un étage en surcroît, desservis par des escaliers dans-oeuvre (tournant à retours en béton au n° 7). Ils sont coiffés chacun par un toit à longs pans brisés et croupes brisées, avec couverture métallique sur celui au n° 5 bis, tuiles mécaniques (terrassons) et ardoises (brisis) sur l'autre. Les baies sont majoritairement rectangulaires, à l'exception de celles au rez-de-chaussée du n° 5 bis sur sa façade latérale gauche (côté rue Traversière), qui sont en arc surbaissé. En cours de rénovation, l'ancien "magasin" a un étage carré protégé par un toit en appentis. La maison, en moellons calcaires enduits, comporte un étage carré et un étage en surcroît, avec toit à longs pans et pignons couverts. Tous deux ont une couverture de tuiles mécaniques.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    tuile mécanique, métal en couverture, ardoise
  • Étages
    sous-sol, 2 étages carrés, étage en surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés croupe brisée
    • toit à longs pans pignon couvert
    • appentis noue
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours escalier en maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Dornier Gérard, fils de l'horloger Louis Dornier, horloger lui-même. Morteau

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    24 mai 2018
  • Leiser Henri, fils d'André Leiser et historien du val de Morteau. Morteau.

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    4 avril 2018

Documents d'archives

  • Archives départementales du Doubs : 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau. 1816-1978.

    - 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817.

    - 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818.

    - 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.

    - 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914.

    - 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910.

    - 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965.

    - 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978.

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 3 P 412
  • 50 J 19 Syndicat des fabricants d'horlogerie de Besançon. Correspondance avec les fabricants, 1946-1968

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 50 J 19
    Dossier Ets Aeschlimann et Monbaron, à Morteau (1948-1962)

Bibliographie

  • Briselance, Claude-Gilbert. L’horlogerie dans le val de Morteau au 19e siècle (1789-1914). - 1993. 2 vol., XXXII-398 - III-420 f. : ill. ; 30 cm. Mém. maîtrise : histoire contemporaine : Besançon : 1993.

  • Leiser, Henri ; Jacquot, Didier. Morteau et environs d'hier à aujourd'hui. - Pontarlier : Presses du Belvédère, 2010. 188 p. : ill. ; 24 cm.

    p. 80-81 : ill.
  • Leiser, Henri. L'aigle et le houblon : histoire d'une famille de brasseurs en Franche-Comté. - Pontarlier : Ed. du Belvédère, 2012. 171 p.-XVI p. de pl. : ill. ; 24 cm.

    p. 76-86 : ill.

Documents figurés

  • Dép[artemen]t du Doubs. Plans d’alignements de la Ville de Morteau, chef-lieu de canton, dessin (plume, lavis), par le géomètre Courvoisier, terminé le 24 novembre 1841 et modifié le 19 juin 1842, 6 feuilles, 70 x 103 cm, échelles 1/2 000 (tableau d’assemblage) et 1/500.

    Archives départementales du Doubs, Besançon : OPA 140
  • Route départementale n° 2 de Besançon à Morteau. Plan des alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière, Grande Rue et rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (plume, lavis), par l'ingénieur ordinaire Berquet, Pontarlier le 29 novembre 1873, validé en 1876 et annexé au décret ministériel du 5 juillet, échelle 1/200, 34 x 348 cm

    Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • Ponts et Chaussées. Route nationale n° 437 de Saint-Claude à Belfort. Plan d'alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière, Grande Rue et rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (lavis), par l'agent voyer d'arrondissement Chirouze, 28 [septembre 1907], 30 x 278 cm, 1/50

    Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • Morteau. - La Grande Rue (côté gauche), carte postale, s.n., s.d. [4e quart 19e siècle], Charles Pierre éd. à Morteau

    Publiée dans : Leiser, Henri ; Jacquot, Didier. Morteau et environs d'hier à aujourd'hui. - 2010, p. 80.

    Montre l'immeuble avant l'incendie des années 1900

Documents multimédia

  • Chipaux, Roger. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Famille Aeschlimann, à Morteau (consultation : 3 avril 2018)
  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Familles Dornier, Droz et Vermot-Groshuguenin, à Morteau (consultation : 30 mars 2018)
  • Monneret, Christian. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Famille Dornier, à Morteau (consultation : 30 mars 2018)
Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2018
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Poupard Laurent
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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