Dossier d’aire d’étude IA89002103 | Réalisé par
Boffy Nicolas (Contributeur)
Boffy Nicolas

Chargé de recherche. Région Bourgogne-Franche-Comté, service Inventaire et Patrimoine. 2024-

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  • enquête thématique régionale, architecture rurale du Parc Naturel Régional du Morvan
  • inventaire topographique
présentation de la commune de Saint-Père
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Parc Naturel Régional du Morvan, Grand site de Vézelay
  • Adresse
    • Commune : Saint-Père

Superficie de la commune

1 528 ha

Géologie

Le sol est composé d'un fond calcaire du Jurassique inférieur, recouvert d'alluvions le long de la Cure.

Hydrographie

La Cure traverse le bourg du sud au nord. À l'ouest, le ruisseau du Val-de-Poirier vient de Vézelay (lieu-dit l'Étang) et rejoint la Cure dans la rue du Colombier. Quelques sources créent de petits rus qui rejoignent la rivière ou le ruisseau. Le principal est le ru de Nanchèvre, qui prend sa source dans le hameau éponyme et rejoint la Cure un kilomètre à l'ouest, à la limite de la commune d'Asquins. Deux autres petites sources, de Vaufron et Turgot, ont servi à l'alimentation en eau des habitants de Saint-Père et Vézelay. Trois autres sources, mineures, sont signalées au début du 20e siècle.

Paysage et environnement

La commune, comprise dans l'ensemble paysager de la dépression bocagère de l'Avallonnais, est nichée au creux des collines du Vézelien. Son point le plus bas est 142 m et le plus haut 359 m. La commune est recouverte presque pour moitié de prairies séparées par des haies. De la forêt s'étend le long du ruisseau du Val-de-Poirier et entre Nanchèvre et Domecy-sur-le-Vault. Les terres arables et cultivées se situent plutôt dans le sud de la commune, de part et d'autre de la Cure, et autour du hameau de Fontette. La culture de la vigne, emblématique, reste cantonnée à une petite surface, entre Fontette et Nanchèvre, et à l'ouest de la commune.

Démographie

Le village se compose d'un bourg central le long de la Cure et de deux hameaux. Le principal, Fontette, est implanté à l'est à flanc de colline, le long de la route reliant Avallon à Vézelay. Le second, Nanchèvre, est logé au fond d'un vallon. Jusqu'en 1837, le hameau de Foissy-lès-Vézelay était sur le territoire de Saint-Père avant de devenir une commune indépendante. La commune a en outre plusieurs habitats isolés, dont les principaux se situent le long du ruisseau de Val-de-Poirier : la Grenneterie, Vaufron et l'ancien moulin du Val de Poirier.

date du recensement

1697

1793

1836

1851

1872

1881

1906

1936

1968

2023

habitants

1 112

1 385

1 472 (pic)

1 112

1 023

1 001

618

538

402

289

Population de Saint-Père

Historique

Le site des Fontaines-Salées (sur la rive gauche de la Cure, au sud du bourg) possède des puits de captage de sources d'eau salées de la fin du Néolithique (2 300 ans avant J.-C.). Le site est encore utilisé à l'âge du Fer avant d'accueillir sans doute un sanctuaire, puis des thermes. L'ensemble disparaît autour du 5e siècle de notre ère. Les nombreuses découvertes de l'âge du Bronze et de l'âge du Fer montrent une occupation constante du site (monnaies, fragments de sculptures, voies antiques...) avec un habitat groupé au sud du bourg actuel, en direction des Fontaines-Salées. Autour de 859, Girard de Roussillon fonde un monastère féminin, certainement dans l'enceinte d'une riche villa gallo-romaine, occupée encore aux époques mérovingienne et carolingienne. L'église originelle aurait été située à l'emplacement de l'église Saint-Pierre et le monastère aurait été doté d'une seconde église, Notre-Dame. Dès 878 environ, le monastère est déplacé sur la colline de Vézelay. Saint-Père fait dès lors partie de la terre de Vézelay et l'abbé devient seigneur du lieu jusqu'à la Révolution française. Il y fonde d'ailleurs une léproserie sur la rive droite de la Cure, mentionnée en 1137 et réunie à l'hôpital de Vézelay sous Louis XIV. L'habitat paraît se stabiliser dans le bourg, autour des deux églises, dès le haut Moyen Âge. De nouveaux habitats sont cités au 12e siècle dans les sources : les hameaux de Nanchèvre ("Nancapra") et de Fontette (dépendante du Saulce d'Island), et la demeure de la Grenneterie ("Granatarium"). Au milieu du Moyen Âge, le bourg paraît prendre de l'importance avec la reconstruction de ses deux églises aux 12e et 13e siècles. Le bourg est fortifié, doté d'un pont enjambant la Cure et un moulin est signalé à la fin du 15e siècle. Le village souffre par deux fois, de la guerre de Cent Ans (1360-1445) et des guerres de religion : le village est mis à sac par les protestants en 1569 et ne retrouve la paix qu'avec la victoire de Henri IV sur la Ligue en 1594. Le village aurait alors été reconstruit. Des propriétaires terriens refondent des domaines et des chapelles : celle de Fontette en 1657 et celle de Nanchèvre en 1680 (détruite). À partir de 1680 environ, une nouvelle vague de reconstruction a lieu, qui donne à Saint-Père une partie de son visage actuel, celui d'un village largement reconstruit au cours du 18e siècle. Le presbytère et le pont datent notamment de cette époque. À la Révolution française, la commune change brièvement de nom pour s'appeler "Val-en-sel". Au 19e siècle, le budget de la commune est très maigre : par exemple, en 1888, les recettes ordinaires ne s'élèvent qu'à 8 148 francs, quand l'État verse 28 650 francs de subventions pour la restauration du porche de l'église Notre-Dame. Des ressources exceptionnelles existent : en 1828, la commune vend son quart de réserve pour 20 000 francs, qui financent des travaux dans les années suivantes. Même si la pauvreté du village de Saint-Père n'autorise aucune construction de grande ampleur, la mairie modernise progressivement le village. Les institutions républicaines prennent pied, avec une première mairie-école de garçons en 1837 située contre l'église. Les garçons et la mairie s'installent dans une nouvelle mairie-école en 1885 à son emplacement actuel, tandis que les filles prennent possession de l'ancien bâtiment. Un cimetière est construit en 1893 et un réseau de lavoirs et de pompes. Il se trouve aussi une société de bibliothèque populaire, signalée en 1881. Dans le même temps, la population s'accroît et le village voit se développer ses fermes et ses moulins ; il double le nombre de ses maisons, passant de 132 en 1818 à 279 en 1851. Comme partout, le village se modernise au 20e siècle. En 1929, la commune signe un contrat de 12 291 francs avec l'entreprise Force et lumière électriques (Paris) pour l'installation de 18 lampes dans l'espace public. Le réseau d'eau courante est creusé en 1960-1962. Dans ces mêmes années, la mécanisation touche le monde agricole de Saint-père avec l'arrivée de la première moissonneuse-lieuse et la construction de la ferme modèle de Fontette. La commune est intégrée à la communauté de communes du vézelien en 2009, intégrée elle-même à la communauté de communes Avallon-Morvan-Morvan en 2014.

Économie

L'agriculture paraît avoir été la ressource principale de la commune depuis les origines. Dans sa Description de l'élection de Vézelay, Vauban note conjointement la production du blé et de la vigne comme les principales composantes agricoles. En 1862, la vigne couvrait 330 ha, contre le double de céréales et pommes-de-terre. En 1872, sur 1 023 habitants, 789 (soit 77 % de la population) travaillent la terre, avec seulement 19 journaliers. La crise du phylloxéra à la fin du 19e siècle change les choses : les exploitations viticoles se réduisent et ne servent plus qu'à alimenter en vin les propriétaires, qui possèdent rarement plus d'un hectare de vignes au début du 20e siècle. Cette situation dure jusqu'au milieu du 20e siècle. La présence de cours d'eau a favorisé l'installation de deux moulins : celui dit "grand moulin" (pour la farine de blé) et celui du Val-de-Poirier (moulin à tan), l'un et l'autre documentés à la fin du Moyen Âge. Trois autres moulins s'établissent à Saint-Père au cours du 19e siècle (celui dit des Marguerites et celui de M. Fauleau), produisant du tan ou de la farine. La Cure n'a jamais été une voie navigable à Saint-Père mais a été utilisée au moins du 16e siècle au 20e siècle pour le flottage du bois. Le bourg étant assez peuplé à l'époque moderne, d'autres activités s'installent à Saint-Père : le cadastre révèle en 1818 la présence de deux pressoirs et quatre huileries, grâce à la l'abondante culture de noyers, disparus depuis. Des artisans (maréchaux-ferrants, etc.) étaient aussi établis dans le bourg au 19e siècle. Une carrière de pierres calcaires (carrière Bobelin) assez importante existait non loin de la ferme de Vaufron au 19e siècle : elle a servi notamment à la restauration de l'église paroissiale Notre-Dame. Aujourd'hui, deux grandes exploitations agricoles existent à Saint-Père, en plus des viticulteurs. L'économie de la commune s'oriente actuellement vers le tourisme et l'œnotourisme.

Infrastructures

L'axe le plus emprunté de la commune est la route départementale 957. Son origine est la route impériale n° 171, d'Avallon à Poitiers, créée en 1811. Cette route enjambe le pont sur la Cure et emprunte la route de communication créée entre Saint-Père et Vézelay en 1789. En 1836, la construction de la route à Saint-Père occasionne le percement de la Grande-Rue et la démolition des fermes et maisons qui se trouvaient sur le tracé. L'ancien chemin de Saint-Christophe menant à Vézelay, difficilement carrossable, tombe alors en désuétude et devient une simple voie piétonne. Les autres routes sont les départementales 958 (de Foissy-lès-Vézelay) et D 36 (de Pierre-Perthuis). Les chemins anciens sont aménagés au 19e siècle et encore au début du 20e : le chemin du bourg à Nanchèvre est rendu praticable autour de 1864, de même que le chemin entre Nanchèvre et Fontette en 1914.

Documents d'archives

  • Archives départementales de l'Yonne. Cadastre de la commune de Saint-Père. [1814-1818].

    - Atlas parcellaire (1818) : 3 P 5554

    - États de section (1814) : 3 P 4209 (sections A-D), 3 P 4210 (sections E-I)

    - Matrices cadastrales mixtes (1828-1913) : 3 P 4211 (folio 1-798), 3 P 4212 (folio 799-1678), 3 P 4213 (folio 1679-2074), 3 P 4214 (folio 2075-2594), 3 P 4215 (folio 2595-3091), 3 P 4216 (folio 3092-3482) 

    - Matrices des propriétés bâties (1882-1962) : 3 P 4217 (1882-1891), 3 P 4218 (1911-1962)

    - Matrices des propriétés non bâties (1882-1962) : 3 P 4219 (folio 1-488), 3 P 4220 (folio 489-988), 3 P 4221 (folio 989-1488), 3 P 4222 (folio 1489-1988)

    Archives départementales de l'Yonne, Auxerre
  • Archives départementales de l'Yonne : 4 E 366, 1 L 1. Budget de la commune de Saint-Père. 1811-1914.

    Archives départementales de l'Yonne, Auxerre : 4 E 366, 1 L 1
  • Archives départementales de l'Yonne : 6 M 1-9. Statistiques sur la nature des cultures, la population et les établissements commerciaux : arrondissement d'Avallon. 1908.

    Archives départementales de l'Yonne, Auxerre : 6 M 1-9
  • Archives départementales de l'Yonne : 7 M 2142. Recensements de Saint-Père. 1836-1936.

    Archives départementales de l'Yonne, Auxerre : 7 M 2142
  • Archives départementales de l'Yonne : 2 O 3272. Bâtiments civils et équipement de Saint-Père. 1827-1939.

    Archives départementales de l'Yonne, Auxerre : 2 O 3272
  • Archives départementales de l'Yonne : 2 O 3275. Eau et éclairage de Saint-Père. 1906-1929.

    Archives départementales de l'Yonne, Auxerre : 2 O 3275

Bibliographie

  • Delor, Jean-Paul [dir.]. L'Yonne. Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2002, 2 vol., 884 p. (Carte archéologique de la Gaule ; nouvelle série).

    P. 604-613.
  • DREAL Bourgogne-Franche-Comté, DDT de l'Yonne, Agence Bertrand Follea - Claire Gautier. Atlas des paysages de l'Yonne. 2008 (actualisé en 2026), 360 p.

  • Petit, Victor. Description des villes et campagnes du département de l'Yonne. 2e volume : Arrondissement d'Avallon. Auxerre : Ch. Gallot, 1870. 344 p.

    P. 318-324.
  • Pissier, Alexandre. Notice historique sur Saint-Père-sous-Vézelay. Bulletin de la société des Sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 1902, t. LVI, p. 133-176, 275-368 et 1903, t. LVII, p. 11-99.

  • Quantin, Maximilien. Répertoire archéologique du département de l'Yonne. Paris : Imprimerie Impériale, 1868.

  • Sapin, Christian. Oratoires et chapelles, domus et villae. Une origine des monastères. Bulletin du centre d'études médiévales d'Auxerre, 2016, hors-série n° 10, L’origine des sites monastiques : confrontation entre la terminologie des sources textuelles et les données archéologiques. URL : http://https://journals.openedition.org/cem/14477.

  • Le Prestre, Sébastien (dit Vauban). Description géographique de l'élection de Vézelay. Dans : Le Prestre, Sébastien (dit Vauban) (auteur), Virol, Michèle (éd.). Les oisivetés de Monsieur de Vauban, Seyssel : éditions Champ Vallon, 2007, p. 423-457 [1ère éd. : 1696].

Annexes

  • Dossier originel, 2013
Date(s) d'enquête : 2002; Date(s) de rédaction : 2013, 2026
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Boffy Nicolas
Boffy Nicolas

Chargé de recherche. Région Bourgogne-Franche-Comté, service Inventaire et Patrimoine. 2024-

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