En 1485, le bâtiment appartenait aux Jouffroy de Gonsans, une importante famille franc-comtoise. Des parties étaient louées pour loger des officiers de passage et la cour servait de cantonnement aux habitants de Gy en cas d’attaque.
A la fin du 16e siècle, la famille de Gonsans vend ses propriétés à l'époux de Jeanne Pierrette de Ronchault : Nicolas de Villars qui est alors seigneur de Citey et capitaine de Gy. Jusqu’aux années 1730, le bâtiment appartient à la famille de Ronchault-Saint Vandelin.
La date de 1760 est portée sur le balcon de la façade nord du logis. La ferronnerie du balcon porte les initiales GG entrelacées ; ces initiales font selon toute vraisemblance référence aux noms des propriétaires de l'époque.
Le bâtiment est ensuite acquis par l’archevêque de Besançon, Monseigneur de Durfort, qui y loge sa sœur pendant la Révolution.
La famille Grobas est propriétaire du bâtiment jusqu'en 1876. A la charnière des 19e et 20e siècles (1876-1914), ce bâtiment appartenait à Albert de Loisy, gendre de Madame Jean Ménans, qui en fait sa "résidence d'été".
Au cours du 20e siècle, les Frères de Marie l’achètent pour y établir un juvénat (établissement de formation pour les jeunes se destinant à la vie religieuse), par la suite, le diocèse y installe une école d’agriculture.
Aujourd'hui, il s'agit d'une propriété privée.
La mention d'un édifice en 1485 à cet emplacement correspond assez bien à l'architecture de certaines parties du bâtiment qui présentent les caractéristiques architecturales de la charnière des 15e et 16e siècles. Ainsi par exemple, en partie nord (rue Ménans), il subsiste des vestiges de baies murées dont le décor est propre à cette époque en architecture : baguettes croisées aux angles supérieurs, bases prismatiques des moulures... Certaines baies de la façade sud : porte en anse de panier surmontée d'une accolade, fenêtre à linteau décoré d'une double accolade... présentent également un décor de la fin du 15e et du début du 16e siècle. Par ailleurs, les voutes sur croisées d'ogives de la cave ainsi que le décor des culots (visages sculptés) attestent également cette époque de réalisation.
Le bâtiment actuel correspond donc selon toute vraisemblance à une construction de la charnière des 15e et 16e siècles qui a été largement remaniée au cours de la seconde moitié du 18e siècle. La régularité des percements, organisés en travées, la présence de boiseries et d'une cheminée en marbre à l'intérieur de l'édifice témoignent de ce remaniement, tout comme la date de 1760, portée sur la façade nord.
Les dépendances, situées à l'ouest de la cour, qui abritaient vraisemblablement des écuries et des remises à carrosses, datent de la même époque (2e moitié du 18e siècle). Les linteaux des baies en arcs segmentaires sont en effet caractéristiques de cette époque de construction en architecture. De plus, le bâtiment est figuré sur le cadastre napoléonien qui remonte à 1837 pour la commune de Gy. Ce bâtiment de dépendances n'est pas sans rappeler celui du numéro 11 rue de Versailles dans la ville basse qui date probablement peu ou prou de la même époque.
L'intérieur du logis a été très remanié, en conséquence de ses différents usages au fil du temps. Ainsi, des cloisonnements ont été supprimés pour la création d'un dortoir lorsque le bâtiment était occupé par une école d'agriculture. Il subsiste toutefois quelques boiseries et une cheminée du 18e siècle à l'étage ainsi qu'une cheminée plus monumentale en pierre calcaire (cheminée de la cuisine) au rez-de-chaussée.
La partie ouest, plus basse, a probablement été ajoutée par la suite, au cours du 19e siècle.
Mongreville, Jérôme. Photographe. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1983-2024.