Cet édifice est le fruit de la réunion de plusieurs propriétés distinctes. Il correspond aux bâtiments qui portaient le numéros 499, 501 et 502 sur le cadastre napoléonien de 1837.
Il comprend également le seul vestige de l'enceinte urbaine de Gy, à savoir une tour dont la construction remonte aux années 1470. Ainsi, suite aux conflits entre le roi de France et le duc de Bourgogne, l’archevêque Charles de Neuchâtel avait décidé de construire six tours neuves autour de la ville haute de Gy, celle-ci fait partie de cet ensemble.
Cette tour de l'enceinte urbaine constitue la partie la plus ancienne de l'édifice actuel.
Toutefois, la construction de la partie située au nord-ouest, au fond de la cour, remonte à une époque relativement proche. La présence d'un escalier en vis logé dans une tour ainsi que le décor des baies : linteaux décorés d'accolades, encadrement de porte à tore formant également une accolade, baguettes croisées aux angles supérieurs et bases prismatiques sur les encadrements des fenêtres... témoignent de l'architecture de la charnière des 15e et 16e siècles.
Le cadastre napoléonien, levé en 1837, montre qu'il existait une autre construction au sud de celle-ci, à l'emplacement de la cour actuelle.
Enfin, le bâtiment sur rue présente une façade dont les caractéristiques permettent d'en faire remonter la construction à la seconde moitié du 18e siècle : percements réguliers et organisés en travées, linteaux des baies en arcs segmentaires... Pourtant, à l'instar de nombreux autres bâtiments de cette partie de la ville, celui-ci est en réalité une construction plus ancienne (16e siècle ?) qui a seulement été remaniée au cours du 18e siècle. En effet, à l'intérieur, il est très clair que la façade de l'ancienne construction était plus en retrait par rapport à la rue. La façade actuelle a seulement été remontée au 18e siècle à l'avant d'une ancienne construction ; l'escalier qui dessert l’étage est d'ailleurs logé dans cet espace compris entre les "deux façades". Par ailleurs, une baie dont le linteau est décoré d'une accolade existe encore au pignon ouest et témoigne de ces transformations subies par le bâtiment.
Mongreville, Jérôme. Photographe. Région Bourgogne-Franche-Comté, Service Inventaire et Patrimoine, 1983-2024.