Dossier d’œuvre architecture IA25001930 | Réalisé par
Poupard Laurent (Rédacteur)
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
maison et atelier d'outillage Gueutal, puis usine de petite métallurgie (usine d'outillage) E. Ducommun et Marti puis FMX
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays horloger (le) - Saint-Hippolyte
  • Commune Montécheroux
  • Adresse 1-3 rue de la Planchette
  • Cadastre 2019 D 214, 320, 528-530, 552, 773, 775, 777  ; 1830 D 33, 35
  • Dénominations
    maison, atelier, usine de petite métallurgie
  • Précision dénomination
    atelier d'outillage, usine d'outillage
  • Appellations
    atelier Gueutal, usine E. Ducommun et Marti, usine FMX
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, entrepôt industriel, logement, cour

L’entreprise Ducommun semble fondée en 1848 par Nicolas Ducommun dit Véron (Pierre Nicolas, 1815-1892), cultivateur et limeur, installé au 1 rue des Raichênes où se trouvait auparavant la fabrique d’outils d’horlogerie de Pierre Poulignot. A son décès, son affaire est reprise par l’un de ses fils, Ernest (1857-1928), lequel s’associe le 28 août 1911 avec son gendre Ernest Marti (1881-1959). Le premier fait apport dans la société en nom collectif E. Ducommun et Marti de son établissement (matière première et outils ébauchés ou achevés) estimé à 40 000 F, le second d’un capital de 20 000 F. La nouvelle entreprise se dit successeur des maisons Nicolas Ducommun, Ernest Ducommun Fils et Louis Gueutal et Fils.

De fait, Ernest Ducommun et Ernest Marti acquièrent à la fin de la première guerre mondiale diverses propriétés appartenant à la famille Gueutal (une partie dès 1916 au décès de Louis fils ?). Les Gueutal sont fabricants d’outils depuis 1802, date d’installation de Nicolas (Pierre Nicolas, 1783-1868), dont l’affaire a été poursuivie par ses fils : Pierre Nicolas (1809-1871), Jacques dit le Sec (1818-1877) et Louis (1821-1878), qui s’associera ensuite avec son fils (également prénommé Louis, 1847-1916).

Les Ets Ducommun et Marti achètent à Jacques et Louis Gueutal fils trois maisons rue de la Planchette, établies sur les parcelles cadastrales D 33, 35 et 36 du plan de 1830. Celle portant la référence D 35 (actuel n° 1 rue de la Planchette) appartient en 1830, avec le bâtiment rural voisin (D 33), à la famille Schom : les frères Frédéric et Joseph Schom (selon la matrice). Le premier est certainement Frédéric Schom (1814-1900), fils de Pierre (1782-1868), marié avec Sophie Gueutal. Les Schom font bâtir vers 1839 entre les deux constructions une forge, démolie dès 1859. La maison passe ensuite, vers 1874, à Jonathan Abram puis vers 1894 à Louis Gueutal fils, qui l’agrandit à la toute fin du siècle (le même Louis fait par ailleurs édifier vers 1911 au sud-ouest, sur la parcelle voisine - D 36 -, un bâtiment par la suite porté comme maison et atelier). Elle abrite la coopérative de consommation fondée vers 1887 par les ouvriers pour se fournir du pain moins cher. Cette coopérative vendra par la suite aussi des produits d’épicerie, mercerie, confection etc. Reprise en 1955 par les Coopératives de Lorraine, elle fermera en 1974. Pour sa part, le bâtiment rural (D 33) a été récupéré par Jacques Gueutal dit le Sec, qui l’a remplacé en 1860 (date portée sur un linteau avec les initiales JG) par sa maison (actuel 3 rue de la Planchette). Celle-ci est passée vers 1883 à sa fille Ida (à Périgueux), vers 1902 au limeur Ali Charton et vers 1912 à Ernest Marti. Peut-être est-ce ce dernier qui l’agrandit vers le nord-est (corps plus élevé) ?

Ducommun et Marti achètent aussi, de l’autre côté de la Grande Rue, d’autres bâtiments appartenant à Louis Gueutal fils : maison, grange et forge sur un premier site (49-53 Grande Rue), bureaux, forge, trois petits dépôts et un atelier de trempe sur le site voisin (55 et 66 Grande Rue).

L’entreprise fait édifier vers 1920 son usine rue de la Planchette, à l’arrière des bâtiments existants. L’électricité arrive au village en 1923, d’où la construction à cette date d’un transformateur destiné à la fabrique, qui est dotée de machines électriques : un marteau-pilon pour réaliser les ébauches de pinces, des machines-outils (fraiseuses, perceuses, etc.), des meuleuses, etc. Un atelier de polissage est par ailleurs bâti vers 1927 de l’autre côté de la route (sur le site des 55 et 66 Grande Rue). Forgeage, limage (ou fraisage) et polissage sont alors effectués par des ouvriers qui travaillent à temps complet en usine ; ils sont 97 (dont deux Italiens) en 1926, 40 (dont quatre Italiens) en 1930.

En 1952, la Sarl des "Anciens Ets E. Ducommun et Marti - E. Marti successeur" est dirigée par René Marti, le fils d’Ernest, et elle compte en 1960 70 ouvriers à Montécheroux, travaillant six tonnes de fer par mois, et 30 dans une filiale à Rantigny (Oise). Très tôt dotée d’un dépôt à Paris (les Ets R. Delafontaine, au 109 rue Amelot dans le 11e arrondissement en 1952), elle exporte sous la marque EDM de l’outillage à main dans le monde entier : Suisse, Etats-Unis, Mexique, Inde, Afrique du sud, etc. En 1960, elle s’apprête à lancer une pince "super-isolée" par enrobage de Rilsan (polyamide 11) destinée aux électriciens et aux électroniciens.

Le 10 novembre 1967, Marti cède son affaire à l’autre grande entreprise de Montécheroux : la société Hugoniot-Perrenoud et Cie, passée en 1958 aux mains de Peugeot (et notamment d’Aciers et Outillage Peugeot - AOP - en 1966). La société devient le 28 décembre 1967, sous la direction de François Armbruster, Forges de Montécheroux (FMX). AOP est restructurée de 1981 à 1983 par la fusion de ses établissements, dont seule subsiste la société Sicfo (Société industrielle et commerciale français d’Outillage) chargée depuis 1981 de la commercialisation de l’outillage à main Peugeot. Dans ce cadre-là est prévue en 1982 la mutation sur un autre site d’une quarantaine des 52 personnes employées à Montécheroux (ils seront encore 35 en 1984), alors que l’usine fabrique des pinces (100 000 en 1984, réparties dans une gamme de 250 à 300 modèles) et réalise le montage de meules à main, de porte-forets et de vilebrequins. En janvier 1983, FMX n’est plus qu’un simple département de la Sicfo qui, en difficulté financière, la vend dès 1984-1985.

Revendue en 1986, elle redémarre comme Sarl FMX. Les bâtiments situés de l’autre côté de la Grande Rue (forges et atelier de trempe, dépôts et atelier de polissage) sont alors désaffectés et les activités (polissage et plastification) rapatriées dans l’usine. En 1987, 80 à 90 % des 190 clients de l’entreprise sont Français tandis que les pinces exportées sont destinées à la Grande-Bretagne, la Suisse, la Grèce, l’Espagne, le Maroc, le Benelux et l’Argentine. La société FMX quitte le village en 2000 pour les locaux des Ets Schligler, à Meslières. L’usine est ensuite convertie en immeuble.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle, 1er quart 19e siècle , (incertitude)
    • Principale : 3e quart 19e siècle , porte la date
    • Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1860, porte la date

Les bâtiments au long de la rue de la Planchette sont en moellon calcaire enduit ; ceux sur cour font appel au parpaing de béton enduit (avec pan de fer et essentage de tôles partiel pour l'entrepôt industriel). Les premiers comportent un étage carré et un étage en surcroît ou un comble à surcroît (plus un sous-sol sous le logement), desservis par un escalier dans-oeuvre (tournant en bois dans l'usine). Ils sont coiffés par un toit à longs pans et demi-croupes. Les seconds sont en rez-de-chaussée, avec étage carré sur celui au centre. Ce dernier, comme l'entrepôt, est protégé par un toit à pignons couverts alors que les deux qui l'encadrent ont des sheds. Les couvertures sont en tuiles mécaniques, sauf l'entrepôt couvert de tôles ondulées. Des fenêtres horlogères sont visibles en façade de l'usine côté rue et sur la façade latérale droite du logement.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • béton parpaing de béton enduit
    • fer pan de fer essentage de tôle
  • Toits
    tuile mécanique, tôle ondulée
  • Étages
    1 étage carré, étage en surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans demi-croupe
    • pignon couvert
    • noue
    • shed
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant escalier en charpente
  • Énergies
    • énergie électrique achetée
  • Typologies
    baie horlogère ; baie d'atelier
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Fourtot Frédéric, ancien finisseur chez Ducommun et Marti. Montécheroux

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    1er août 2019

Documents d'archives

  • 3 P 394 Cadastre de la commune de Montécheroux, 1830-1934

    3 P 394 : Atlas parcellaire (16 feuilles), dessin (plume, lavis), par le géomètre du cadastre Mestre, 1830

    3 P 394/1 : Registre des états de sections, [1831]

    3 P 394/2 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, [1832-1913]

    3 P 394/3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910

    3 P 394/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1914-1934

    3 P 394/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1934

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 3 P 394
  • Archives départementales du Doubs : M 3044 Travail et main d’œuvre, 1926-1930.

    Archives départementales du Doubs, Besançon : M 3044
  • Archives collectées par le musée de la Pince, 19e-20e siècles

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Tarif albums, catalogues et papiers à en-tête des sociétés Ducommun et Marti, et FMX, 20e siècle

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Tarif-album [...] E. Ducommun & Marti successeurs, Montécheroux (Doubs) France [catalogue de production]. - S.l. [Audincourt] : s.n. [impr. Pierre Juillard], s.d. [années 1920-1930]. 47 p. : ill. ; 27 x 21,5 cm.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Tarif album n° 5. Fabrique d'outils E. Ducommun & Marti [catalogue de production]. - S.l. [Luxeuil-les-Bains] : s.n. [M. Pattegay], s.d. [milieu 20e siècle]. 59 p. : ill. ; 28 x 22 cm.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • E. Ducommun & Marti. Catalogue n° 11. S.l. : s.n., s.d. [années 1960 ?]. [26] p. : ill. ; 27,5 x 21,5 cm.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Dépliant publicitaire E. Ducommun & Marti (marque E.D.M.), s.d. [1952]. 21,5 x 15 cm (déplié : 21,5 x 44,5 cm). En anglais et en espagnol.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • FMX fabrique la pince dont vous avez besoin [dépliant publicitaire], s.d. [années 1980 ?]. 21 x 15 cm (déplié : 42 x 59 cm).

    Musée de la Pince, Montécheroux

Bibliographie

  • AOP : quarante mutations annoncées aux Forges de Montécheroux. - 17 février 1982. Article découpé dans un journal non identifié.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Baudoin, Gilbert. Une histoire des fabricants d’outils "dits de Montécheroux". 1780-1920. 2017. 48 p. : ill. ; 30 cm. Version provisoire en date du 30 septembre 2017.

  • Benoît, Maurice ; Gauthier, Jean [et al.]. La vie économique de Franche-Comté et du Territoire de Belfort. - Besançon : Impr. de l'Est, 1958.

    p. 112 : ill.
  • Bonnet, Michel. Les fabricants d'outils d’horlogerie de Montécheroux. In : L'horlogerie, fille du temps : actes du cycle de conférences dans le massif du Jura, septembre 2016-juin 2017. - Besançon : Association française des Amateurs d'Horlogerie ancienne, 2017, p. 121-128 : ill.

  • Courtieu, Jean (dir.). Dictionnaire des communes du département du Doubs. Besançon : Cêtre, 1982-1987. 6 t., 3566 p.

    t. 4, 1985, p. 2180-2182.
  • Demougeot, Jacques. Les forges en danger... Le village se mobilise ! Le Pays de Franche-Comté, Belfort, Montbéliard, samedi 22 mars 1986, ill.

  • Dubois, Marcel. Reine des forêts et des pâturages, perle du Lomont, Montécheroux est aussi une active cité industrielle. - 1960. 1 p. : ill. Article découpé dans un journal non identifié et présenté au musée de la Pince.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Maire. Montécheroux, un village d’artisan. Mémoires de la Société d’Emulation de Montbéliard, 6e vol., 1947, p. 49-51.

  • Mathieu, Philippe. A Montécheroux, la pince entrepassée ne trépassera pas. L’Est républicain, édition de Montbéliard, 16 septembre 1987, ill.

  • Moulin, François. La pince "maillée" : le fer de lance de Montécheroux. - 18 septembre 1984. Ill. Article découpé dans un journal non identifié.

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • Nivoix, Georges. La double-activité à Montécheroux (25). Etude ethnologique. - 1988. 112 p. : ill. ; 30 cm. Rapport d’étude : Ministère de la Culture, Mission du Patrimoine

  • Poissenot, Aimé ; Abram, Luc ; Pourcelot, René. Histoire des pinces de Montécheroux. Nancray : Folklore comtois, 2002. 339 p. : ill. ; 24 cm.

  • S., B. La bataille du pain à l’origine d’une coopérative ouvrière ! - S.d. [4e quart 20e siècle]. Ill. Article découpé dans un journal non identifié.

    Musée de la Pince, Montécheroux

Documents figurés

  • Montécheroux (Doubs) - La coopérative, carte postale, s.n., s.d. [entre 1904 et 1909], Bauer Marchet éd. à Dijon. Carte publiée dans : S., B. La bataille du pain à l’origine d’une coopérative ouvrière ! - S.d. [4e quart 20e siècle].

    Le monogramme BM figurant au recto a été utilisé par l’éditeur de 1904 à 1909, puis remplacé de 1909 à 1916 par le tampon rond Bauer Marchet et Cie Dijon.

  • Montécheroux (Doubs) - Usine Marti - Place de la Bascule, carte postale, s.n. [par C. Lardier ?], s.d. [1ère moitié 20e siècle], E. Hugoniot éd., C. Lardier à Besançon (CLB)

    Musée de la Pince, Montécheroux
  • [Vues extérieures de l’usine Ducommun et Marti], photographie, s.n. [par Georges Nivoix], s.d. [1988]. Intégrées dans : Nivoix, Georges. La double-activité à Montécheroux (25). Etude ethnologique. - 1988, p. 17.

Documents multimédia

  • Gueutal, Simone ; Deconninck, Eric (edocpatch). Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Famille Gueutal, à Montécheroux (consultation : 12 juillet 2019)
  • Patois, René-Pierre. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Famille Ducommun dit Véron, à Montécheroux (consultation : 12 juillet 2019)
  • Roze, Jacqueline. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Familles Ducommun dit Véron, Gueutal, Meslières et Schom, à Montécheroux (consultation : 12 juillet 2019)
Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2020
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Poupard Laurent
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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