Dossier d’œuvre architecture IA25001836 | Réalisé par
Poupard Laurent (Contributeur)
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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  • patrimoine industriel, patrimoine industriel du Doubs
maison et atelier d'horlogerie d'Edouard Wetzel puis de Léo Nelken, puis immeuble et boulangerie
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays horloger (le) - Morteau
  • Commune Morteau
  • Adresse 15 rue de l' Helvétie
  • Cadastre 2018 AA 80  ; 1816 E 78, 79
  • Dénominations
    maison, atelier, immeuble
  • Précision dénomination
    atelier d'horlogerie
  • Appellations
    atelier d'Edouard Wetzel, atelier de Léo Nelken
  • Destinations
    boulangerie
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement, boutique, chai, garage, stationnement

La maison dessinée sur le plan cadastral de 1816 (E 79) appartient à la veuve de Jean-Baptiste Jacquet ; dite "à un étage, en bon état", elle est en 1841 propriété de Théophile Morel, d'Ornans, de même que les deux bâtiments suivants cadastrés E 81 (actuel n° 17, "à un étage, en bon état") et E 82 ("à un rez-de-chaussée, en mauvais état"). Elle est épargnée par l'incendie de 1865 et son propriétaire est, en 1882, l'entrepreneur Ignace Müller (1808-?), né à Innerbraz (Vorarlberg, Autriche), qui possède aussi sur la parcelle E 78 une maison bâtie après 1816 et celle qu'il a lui-même fait construire en 1875. Müller s'est marié en 1848 avec Marie Joséphine Wetzel (1822-1904). Fille d'un boucher d'origine alsacienne, Jean Wetzel, cette dernière est issue d'une famille nombreuse bien implantée dans l'horlogerie : ses frères Sylvain (1827-1851), Charles (1829-1900), François (1831-1870) et Edouard (1834-1897) sont horlogers (mais lors de son décès prématuré, aux Gras, Sylvain est dit fabricant d'outils d'horlogerie) et sa soeur Marie-Françoise (1817-1886) est mariée à Louis Vallangin, l'un des premiers professeurs de l'école municipale d’horlogerie. Edouard Wetzel s'établit fabricant de montres à son compte en 1876 et reprend peut-être, trois ans plus tard, l'affaire de son beau-frère Octave Varéchard (1830-1879). Installé dans la maison (au 7 rue de l'Helvétie, actuel n° 15), il fonde dans les années 1890 la société Edouard Wetzel et ses fils, qui devient Les Fils d’Edouard Wetzel après sa mort en 1897. Cette affaire réunit tout d'abord Sylvain (1865-1910) et Georges (1872-1939), rejoints en 1903 par Paul (1868-1941), ce dernier associé avec Auguste Pourchet pour exploiter une distillerie au 4 rue de l'Helvétie. La société Les Fils d'Edouard Wetzel adopte le 31 août 1903 le statut de société en nom collectif (au capital de 20 000 F), avec pour raison sociale S. Wetzel et Cie. Elle quitte les lieux en 1905 pour un bâtiment au 12 rue de la Gare, construit pour l'horloger Paul Deleule.

Passée à la veuve de Müller après son décès dans les années 1870, la propriété est cédée vers 1919 à Léo Nelken, à la tête d'une "fabrique d'horoscopes" (?) et d'horlogerie. Précisant "Maison franco-russe" sur un papier à en-tête de 1915, Nelken (qui est Russe) a aussi un atelier en Suisse, à La Chaux-de-Fonds (au 18 rue de l'Industrie) ; il est également présent à Paris (au 12 rue Rambuteau) et a un autre comptoir de vente en Belgique, à Bruxelles (24 rue des Fripiers). Il vend des montres bon marché mais également des réveils, qu'il fait construire par la société Jaccard Frères (marque JF), créée en 1920 à Villers-le-Lac par les fils d'Achille Jaccard (crédités de l'introduction en France de la fabrication des réveils de petit calibre). Toutefois, il fait rapidement faillite et ses biens mobiliers à Morteau sont vendus aux enchères le 25 septembre 1922. Les propriétaires suivants sont (dès 1921 ?) le marchand de vin Alix Deleule (1881-1949), qui a repris la distillerie du n° 4 (où il poursuivra son activité jusqu'en 1940), puis vers 1932 le négociant Constant Thiébaud (?-1989), lui aussi marchand de vins, marié avec la nièce d'Alix.

Incendié vers 1942, le bâtiment est reconstruit en réutilisant ses murs : son aspect est modernisé, un étage lui est ajouté et l'orientation de sa toiture modifié ; des dépendances (chais, garage, etc.) lui sont ajoutées à l'arrière. Dans les années 1940-1950, il accueille au deuxième étage les Ets Schwartzmann Frères, fondés en 1913 par les enfants de l'horloger François Fridolin Schwartzmann qui vient de disparaître (ce dernier avait créé en 1898 un atelier d'horlogerie, dont il faisait remonter l'origine à 1860). Cette affaire a connu de nombreuses localisations au fil du temps, au 6 Grande Rue (après l'acquisition de la fabrique d'horlogerie Caille Frères), au 4 rue du Pont rouge (suite au rachat de la société Wiedmayer), rue de la Chaussée et au 15 rue de l'Helvétie, qu'elle quitte en 1953 pour l'établissement qu'elle vient de se faire construire au 12 rue René Payot. Le bâtiment abrite actuellement une boulangerie et des appartements.

  • Période(s)
    • Principale : limite 18e siècle 19e siècle , (incertitude)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source

Le bâtiment a des murs en moellons calcaires enduits aux deux premiers niveaux et, peut-être, en béton pour les deux niveaux supérieurs ; le pignon sud est protégé par une lambrichure échancrée fortement saillante. Il comporte deux étages carrés, un étage en surcroît et un comble, desservis par un escalier dans-oeuvre. Il est coiffé par un toit à longs pans, demi-croupe au sud et pignon couvert au nord, et tuiles mécaniques. Les extensions sont en rez-de-chaussée avec toit terrasse : celle à l'ouest (salon de thé) semble en pan de bois essenté de planches, celle au nord est en béton enduit.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • béton enduit (incertitude)
  • Toits
    tuile mécanique, béton en couverture
  • Étages
    2 étages carrés, étage en surcroît, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à longs pans demi-croupe
    • pignon couvert
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Droz, Yves. Restaurateur. Collectionneur de pièces horlogères et fondateur du Musée de la Montre, à Villers-le-Lac.

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    12 avril 2018
  • Leibundgut, Brice. Descendant des familles d'horlogers mortuaciens Wetzel et Leibundgut. Paris.

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    22 mars 2018
  • Vuez, Jean-Claude. Descendant d'une famille d'horlogers, historien de la société Parrenin à Villers-le-Lac.

    Archives régionales de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon
    1er mai 2018

Documents d'archives

  • Archives départementales du Doubs : 3 P 412 Cadastre de la commune de Morteau. 1816-1978.

    - 3 P 412 : Atlas parcellaire (11 feuilles), dessin (plume, lavis), par les géomètres du cadastre Girardier et Mestre, 1816-1817.

    - 3 P 412/1 : Registre des états de sections, 1818.

    - 3 P 412/4-5 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1823-1875. Le 1er volume manque.

    - 3 P 412/2-3 : Matrice cadastrale des propriétés bâties et non bâties, 1876-1914.

    - 3 P 412/6 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1882-1910.

    - 3 P 412/7-9 : Matrice cadastrale des propriétés non bâties, 1911-1965.

    - 3 P 412/10-13 : Matrice cadastrale des propriétés bâties, 1911-1978.

    Archives départementales du Doubs, Besançon : 3 P 412
  • Papiers à en-tête du fabricant d'horlogerie Leo Nelken, 1915

    Collection particulière : Henri Leiser, Morteau

Bibliographie

  • Collège de Villers-le-Lac. De Jaccard à Palladio. - Besançon : CRDP de Besançon : CDDP du Doubs, 1988. 59 p. : ill. ; 30 cm.

    p. 21
  • Coulouvrat, Dimitri. La limonaderie Deleule [à La Chenalotte]. - Mars 2016. 6 p. : ill. ; 30 cm.

    Document accessible en ligne : http://chenalotte.org/wp-content/uploads/2016/04/Histoire_limonaderie.pdf (consultation : 6 avril 2018)

  • Leibundgut, Brice. La lanterne et le microsse. Histoire d’une fabrique d’horlogerie. « Les fils d’Edouard Wetzel ». 1876-1985. - [Paris] : B. Leibundgut, 2010. 185 p. : ill. ; 22 cm. (Station Comté).

  • Leibundgut, Brice. Les Wetzel, fabricants d'horlogerie à Morteau. In : L'horlogerie, fille du temps : actes du cycle de conférences dans le massif du Jura, septembre 2016-juin 2017. - Besançon : Association française des Amateurs d'Horlogerie ancienne, 2017, p. 129-134 : ill.

  • Leiser, Henri ; Jacquot, Didier. Morteau et environs d'hier à aujourd'hui. - Pontarlier : Presses du Belvédère, 2010. 188 p. : ill. ; 24 cm.

    p. 78-79 : ill.
  • Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900, d'après la collection de cartes postales de Georges Caille. - Les Gras : B. Vuillet, Villers-le-Lac : G. Caille, 1978. 294 p. : cartes postales ; 31 cm.

    p. 66-67 : ill.

Documents figurés

  • Dép[artemen]t du Doubs. Plans d’alignements de la Ville de Morteau, chef-lieu de canton, dessin (plume, lavis), par le géomètre Courvoisier, terminé le 24 novembre 1841 et modifié le 19 juin 1842, 6 feuilles, 70 x 103 cm, échelles 1/2 000 (tableau d’assemblage) et 1/500.

    Archives départementales du Doubs, Besançon : OPA 140
  • Route départementale n° 20 de Morteau au Locle. Plan des alignements de la traverse de Morteau [rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (plume, lavis), par l'ingénieur ordinaire Berquet, Pontarlier le 29 novembre 1873, validé en 1876 et annexé au décret ministériel du 5 juillet, échelle 1/200, 33 x 252 cm

    Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • Service vicinal. Chemin de grande communication n° 2 (RN 461) de Besançon au Locle. Plan de la traverse de Morteau [rue de l'Helvétie], photocopie en couleur d'un dessin (lavis), par l'agent voyer en chef [-], Besançon le 24 mai [1894], 30 x 126 cm, 1/500

    Porte une indication datée 1936.

    Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • Ponts et Chaussées. Route nationale n° 437 de Saint-Claude à Belfort. Plan d'alignements de la traverse de Morteau [rue de la Louhière, Grande Rue et rue de l'Helvétie], photocopie d'un dessin (lavis), par l'agent voyer d'arrondissement Chirouze, 28 [septembre 1907], 30 x 278 cm, 1/50

    Collection particulière : Henri Leiser, Morteau
  • 1258. Morteau - Rue de l'Helvétie, carte postale, par Simon, s.d. [limite 19e siècle 20e siècle], Simon éd. à Maîche

    Publié dans : Vuillet, Bernard. Le val de Morteau et les Brenets en 1900. - 1978, p. 66. Egalement publié dans : Leiser, Henri ; Jacquot, Didier. Morteau et environs d'hier à aujourd'hui. - 2010, p. 78.

    Montre le bâtiment ancien.
  • Prises de vues aériennes de l'IGN (20e siècle). Consultables en ligne via le site du Géoportail (www.geoportail.gouv.fr).

    Photographies des 27 juillet 1937 et 23 juillet 1947
  • 39 Morteau - Rue de l'Helvétie, carte postale en couleur, s.n., s.d. [milieu 20e siècle], éd. Compagnie des Arts photomécaniques (CAP) à Paris et Strasbourg

    Collection particulière : Henri Bonnet, Fournet-Luisans
    Le bâtiment a été reconstruit.

Documents multimédia

  • Guichard, Jean-Marie. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Familles Deleule et Wetzel, à Morteau (consultation : 12 avril 2018)
  • Jacquet, Pierre. Recherches généalogiques. Accessibles en ligne sur le site de Geneanet : http://gw.geneanet.org/

    Famille Thiébaud, à Morteau (consultation : 12 avril 2018)
Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2018
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Poupard Laurent
Poupard Laurent

Poupard, Laurent. Chercheur au service Inventaire et Patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté, 1987-

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