Dossier d’œuvre architecture IA70000759 | Réalisé par
Hamelin Liliane (Contributeur)
Hamelin Liliane

Liliane Hamelin, chercheur. Direction régionale des Affaires culturelles de Franche-Comté puis Région Bourgogne-Franche-Comté, 1976-2018.

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  • enquête thématique régionale, val de Saône
église paroissiale de la Nativité de la Vierge
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
  • (c) Archives départementales de la Haute-Saône

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val de Saône - Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin
  • Commune Rupt-sur-Saône
  • Cadastre 1837 B 494  ; 2016 B 170
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    de la Nativité de la Vierge

Édifiée sur la colline, face au château fort, l'église de la Nativité de la Vierge succède à un ensemble médiéval, connu sous le vocable de Saint-Martin, en mauvais état et trop étroit pour accueillir l'ensemble des fidèles. La vente des bois communaux en 1750 permet de faire appel à l'architecte bisontin Jean-Joseph Galezot (mort en 1753) et la première pierre du nouvel édifice est posée le 21 avril 1751. De septembre 1751 à décembre 1752, les travaux sont dirigés par l’entrepreneur Joseph Nodier, qui commence le gros oeuvre en utilisant les pierres de l'ancienne église, remployant notamment plusieurs éléments lapidaires (pierres tombales, clef de voûte de la chapelle seigneuriale, bénitier du 15e siècle aux armes de Jean de Rupt). Nodier reçoit en janvier 1752 ses premiers paiements pour avoir transporté les matériaux sur le nouvel emplacement mais il décède en mars 1752 à la suite d'un accident survenu sur le chantier. Il est remplacé en juillet 1752 par son associé Hugues Faivre, désigné comme « maîstre entrepreneur de Besançon ». En 1753, les voûtes sont élevées et « le clocher presque fini ». La bénédiction de l’église a lieu en février 1754. Vers 1770 et en 1788, de nouvelles coupes de bois offrent la possibilité à la commune de consacrer les sommes nécessaires au décor intérieur. En 1770, le seigneur de Rupt Pierre Grimod d’Orsay, grand collectionneur d’art parisien, prend à sa charge les lambris du collatéral sud de la nef. En 1788, une seconde coupe de bois permet de financer les confessionnaux, réalisés d’après les dessins de l’architecte dolois Anatoile Amoudru. En 1792, l'édifice est vandalisé (Martial Griveaud, archiviste au début du 20e siècle, en a retracé les épisodes à partir des pièces du procès de brigandage intervenu à Rupt). Des transformations interviennent tout au long des 19e et 20e siècles, plus particulièrement au niveau du décor intérieur (ces modifications sont présentées en annexe par Alexandre Hutinet). L’église de la Nativité a été inscrite au titre des Monuments historiques le 7 août 1987. Elle a été jugée remarquable comme exemple d’église-halle dont l'architecte Jean-Pierre Galezot, frère aîné de Jean-Joseph, a introduit le modèle dans le nord de la Haute-Saône (à Scey-sur-Saône, Vesoul, etc.). Le décor intérieur, exécuté par des artisans locaux, constitue son second point fort et la plupart des objets mobiliers (étudiés par Jean-Louis Langrognet, conservateur des Antiquités et Objets d'Art pour la Haute-Saône) est également protégée au titre des Monuments historiques.

L'édifice est situé sur une hauteur dominant le village et la Saône, face au château-fort et à la colline anciennement occupée par le couvent de minimes (détruit à la Révolution). Construit en pierre calcaire, il est précédé d'une tour-clocher coiffée d'un toit à l'impériale. Quatre contreforts talutés scandent les bas-côtés tandis que l'abside s'achève par trois pans coupés. Nef et bas-côtés sont abrités sous un même toit à longs pans, à pignon couvert à l'ouest et croupe polygonale au niveau du choeur à l'est. La charpente, entièrement réalisée en chêne, se compose de quatre fermes maintenues entre-elles par quatre entraits qui prennent appuis directement sur les murs gouttereaux et sur la voûte du vaisseau central. La couverture est composée de tuiles plates, vernissées sur le tour.

La tour-clocher

L'élévation de la tour-clocher est organisée en quatre niveaux séparés par un bandeau plat : le portail en plein cintre est surmonté d'un tympan et d'un édicule à niche ; le premier niveau est aveugle ; le second comporte un oculus ; la chambre des cloches est éclairée par quatre baies en plein cintre fermées par des abat-sons. Une corniche en doucine souligne la base du toit à l’impérial. De part et d'autre du portail, la façade occidentale est percée d'une baie en plein cintre ouvrant autrefois sur le bas-côté. Dans l'angle nord-ouest s'élève une tourelle abritant l'escalier en vis desservant le premier étage (les autres niveaux, planchéiés, sont reliés par des escaliers en bois). Les angles de la façade sont animés par des piliers à bossage. Le rez-de-chaussée de la tour-clocher est couvert d’une voûte d’arêtes.

Les trois vaisseaux

L'édifice adopte le parti des églises-halles, avec une nef et des bas-côtés de même hauteur. La nef, à quatre travées, est séparée de chacun des bas-côtés par une rangée de colonnes d'ordre dorique. Les travées sont couvertes de voûtes d'arêtes. Les murs sont faits de moellons irréguliers ; les supports et encadrements des baies sont en pierre de taille de moyen appareil. Le sol est composé de dalles de pierre dont certaines portent des marques lapidaires identiques à celles relevées sur les parements extérieurs de l'édifice. A ces dalles se mêlent d’anciennes pierres tombales médiévales.

Le choeur

Le choeur est surélevé par un léger emmarchement (de 11 cm de haut), dont les angles courbes empiètent de 90 cm sur l'espace de la nef. Il est constitué d'une travée à voûtains, terminée par une abside à trois pans, et est flanqué de deux sacristies, couvertes chacune d'une voûte d'arêtes.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    tuile plate, tuile plate plombifère
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • croupe polygonale
    • toit à l'impériale
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis
    • escalier dans-oeuvre : escalier en charpente
  • Énergies
  • Typologies
    église-halle
  • Techniques
    • maçonnerie
    • sculpture
  • Représentations
    • ordre dorique
    • armoiries
  • Précision représentations

    Armoiries de Jean de Rupt, sculptées sur le bénitier : d'azur à la bande d'or, accompagnée de sept croisettes fleuronnées, quatre en chef et trois en pointe.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1987/08/07
  • Précisions sur la protection

    Eglise (cadastre B 170) : inscription par arrêté du 7 août 1987.

L’église paroissiale de Rupt-sur-Saône constitue, malgré les détériorations de son décor intérieur survenues au cours des 19e et 20e siècles, un bel exemple d’église-halle dont les frères Jean-Pierre et Jean-Joseph Galezot ont été les initiateurs en Haute-Saône.

Bibliographie

  • Brune, Paul. Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de la Franche-Comté. - Paris : Bibliothèque d’Art et d’Archéologie, 1912. 342 p. ; 24 cm.

    p. 3, 96, 107, 200-201.
  • Dictionnaire biographique de la Haute-Saône / sous la dir. de Pierre R. Sonet. - Vesoul : Société d'agriculture, lettres, sciences et arts, 2005.

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : R.US.3985
    p. 347, 399-400.
  • Derrider, Annick. Jean-Pierre Galezot, architecte et sculpteur (1686-1742). Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs, n° 42, 2000, p. 77-101.

    p. 100
  • Hutinet, Alexandre. Le patrimoine religieux de la commune de Rupt-sur-Saône au XVIIIe siècle : le couvent des minimes et l'église de la Nativité de la Vierge. - Besançon : [s.n.], 2007. 3 vol. (non paginé ca 400 p.) : ill. ; 30 cm. Mém. de master II : Hist. Art : Besançon : 2007.

    Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire et Patrimoine, Besançon : RTO/Rupt/5800/1
    vol. 1, p. 131-197, et vol. 2
  • Hutinet, Alexandre. Historique et description de l’église paroissiale de la Nativité de la Vierge, à Rupt-sur-Saône. - 2016. Résumé rédigé en 2016 par A. Hutinet à partir de son master II (Histoire de l’Art moderne : Besançon : 2007).

  • LANGROGNET, Jean-Louis. Anatoile Amoudru (1739-1812). Architecte ou les bois devenus pierres. Dole : Ed. de la Passerelle, 2013. 429 p. : ill. ; 30 cm.

    p. 297-298.
  • Marx, Jean. Rupt-sur-Saône, église : dossier d'inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. - 1986.

    Conservation régionale des monuments historiques, Besançon

Documents figurés

  • Environs de Vesoul - Rupt - Le Château et l'Eglise, carte postale, s.n., s.d. [début 20e siècle].

    Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul : 11 Fi 457/6
  • Rupt-sur-Saône - Intérieur de l'Eglise, carte postale, par C. Jeunet, s.d. [2e moitié 19e siècle], C. Jeunet éd. à Scey-sur-Saône

    Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul : 11 Fi 457/7

Annexes

  • Historique et description de l'église paroissiale de la Nativité de la Vierge, à Rupt-sur-Saône, par Alexandre Hutinet
Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2016
(c) Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine
Hamelin Liliane
Hamelin Liliane

Liliane Hamelin, chercheur. Direction régionale des Affaires culturelles de Franche-Comté puis Région Bourgogne-Franche-Comté, 1976-2018.

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